Aromatique · Cannabaceae
Houblon
Humulus lupulus
Offre-lui du plein soleil, un sol profond et un support élevé où grimper, et tes tiges de houblon fileront joyeusement vers le ciel jusqu'à la récolte brassicole.
Plein soleil
Tous les 2–4 jours
120–150 jours
jusqu'à -40°C

Aperçu
Le houblon est la plante grimpante vivace qui donne à la bière son amertume et son arôme, et il est plus facile à cultiver qu'il n'y paraît. Chaque pied produit de longues pousses appelées tiges volubiles, qui s'enroulent dans le sens des aiguilles d'une montre autour de toute ficelle ou tout treillis à leur disposition, et qui peuvent atteindre jusqu'à 7,5 m en une seule saison avant de redescendre au sol à l'automne. Ces cônes verts et papyracés qui apparaissent en fin d'été sont toute la récompense.
Un point à connaître dès le départ : le houblon est dioïque, chaque souche est donc mâle ou femelle, et seules les femelles produisent les cônes recherchés par les brasseurs. Les tiges grimpent en enroulant leurs rameaux rêches et crochus autour d'un support plutôt qu'en s'accrochant par des vrilles, alors prévois vraiment un treillis élevé ou des rangs de ficelle. Sous la surface, de robustes rhizomes s'étendent peu à peu, ce qui explique simplement pourquoi le houblon peut envahir tout un coin du jardin si on le laisse faire.
Sois rassuré : une fois installé, le houblon est robuste et vit longtemps, supportant sans broncher des hivers descendant jusqu'à -34 °C. La première année se consacre discrètement au développement des racines, et une pleine récolte de cônes n'arrive généralement qu'à la deuxième ou troisième saison, alors rien ne presse. Plante un cultivar femelle, offre-lui de la hauteur et un arrosage régulier, et une seule souche te récompensera pendant des années.
Entretien
La version courte : offre au houblon du plein soleil, un sol profond, riche et bien drainé, une humidité constante pendant les fortes chaleurs de l'été, un support élevé pour les tiges volubiles, et suffisamment d'espace pour que les rhizomes ne partent pas à l'aventure.
Lumière
Le houblon a vraiment besoin de plein soleil, et plus il en reçoit, mieux il se porte, car les tiges comptent sur de longues journées et une lumière intense pour alimenter cette croissance fulgurante et former de bons cônes. Il tolère un peu de mi-ombre, mais les emplacements plus ombragés donnent des tiges plus faibles et une récolte plus maigre.
Arrosage
En été, ce sont des plantes assoiffées, qui boivent beaucoup en juin et juillet pendant que les tiges filent vers le haut. Garde le sol constamment humide mais jamais détrempé, puis réduis simplement l'arrosage à mesure que la plante entre en dormance à l'automne.
Sol
Offre au houblon un loam sableux profond, riche et bien drainé, plein de matière organique, car les racines s'enfoncent profondément et la plante se nourrit beaucoup. Un pH compris entre 6,0 et 6,5 lui convient parfaitement.
Température
Le houblon est remarquablement résistant sur une large plage de températures, supportant des minimums hivernaux proches de -34 °C et poussant volontiers jusqu'à environ 32 °C. Le froid dérange rarement une souche bien établie, qui disparaît puis repart chaque printemps.
Humidité
En extérieur, l'humidité est simplement celle que la saison impose, donc il n'y a pas de chiffre précis à viser. La circulation de l'air est ce qui compte vraiment, car un feuillage dense et humide est exactement l'endroit où le mildiou et l'oïdium aiment s'installer.
Fertilisation
Fertilise chaque mois, du printemps jusqu'au milieu de l'été, avec un engrais équilibré contenant de l'azote pendant que les tiges poussent vigoureusement, puis ralentis avant la formation des cônes. Toute cette croissance rapide donne une plante gourmande, et c'est tout à fait normal.
Taille
Au printemps, rabats les souches de deuxième et troisième année au ras du sol une fois que les tiges atteignent environ 60 cm, puis ne garde que quelques pousses vigoureuses et palisse-les dans le sens des aiguilles d'une montre le long de tes ficelles. Retire les feuilles du bas pour favoriser la circulation de l'air, et coupe les tiges au ras du sol après la récolte lorsque la plante entre en dormance.
Rempotage
Le houblon n'est pas vraiment une plante de contenant, il n'y a donc pas de rempotage à prévoir. En revanche, déterre et divise les souches tous les quelques années si le centre devient trop dense, si les pousses perdent en vigueur, ou si les rhizomes commencent à s'échapper de leur emplacement.
Taille et espacement
En une seule saison, les tiges peuvent grimper jusqu'à 7,5 m, en s'étalant sur 91 à 183 cm de large à la base. Donne à chaque souche beaucoup d'espace et un support haut et solide, afin que l'air circule librement et que les rhizomes aient de la place pour s'étendre.
Quand planter
Le houblon suit un rythme annuel bien défini, facile à adopter. Installe les rhizomes ou les souches au début du printemps, dès que le sol est praticable, palisse les tiges pendant les longues journées d'été, puis récolte les cônes fin août et en septembre, avant que la plante ne redescende pour l'hiver.
Mois typiques pour un climat tempéré : commencez plus tôt en zone chaude, plus tard là où les gelées de printemps persistent.
- Plantation: Plante les rhizomes ou les souches au début du printemps, dès que le sol est praticable
- Récolte: Cônes récoltés de fin août à septembre (fin d'été à automne)
Rusticité
Température: jusqu'à -40°C
Problèmes courants
La plupart des soucis du houblon se voient sur les feuilles, sous forme de maladie fongique par temps humide ou d'attaque de ravageurs pendant les chaleurs estivales. Essaie de repérer le problème tôt, car c'est lorsqu'il atteint les cônes qu'il compromet vraiment la récolte. Compare ce que tu observes aux notes ci-dessous, puis interviens pendant que cela peut encore faire la différence.
Taches jaunes en surface, duvet gris-violacé en dessous, et pousses trapues et rabougries
Pas de panique si tu vois cela, mais agis quand même : c'est le signe du mildiou, qui s'installe pendant les périodes fraîches et humides et peut être difficile à déloger une fois présent. Les pousses pâles et cassantes qui surgissent de la souche sont le signe révélateur, alors retire-les ainsi que toutes les feuilles tachées dès que tu les remarques. Ouvre ensuite la plante pour favoriser la circulation de l'air, arrose au pied plutôt qu'en aspersion, et apporte des soins préventifs tant que le temps reste humide.
Solution :
- Retirer et détruire rapidement les pousses basales infectées et le feuillage malade
- Améliorer la circulation de l'air en retirant les feuilles du bas et en éclaircissant les tiges
- Éviter l'arrosage par aspersion ; arroser au pied
- Appliquer un fongicide homologué à titre préventif pendant les périodes fraîches et humides, en suivant les recommandations locales
Film blanc poudreux sur les feuilles, les pousses et les cônes
Ce voile blanc et feutré sur les jeunes pousses, c'est l'oïdium, qui gagnera aussi les cônes et les déformera. Tu peux prendre les devants en coupant les premières parties infectées dès le printemps et en gardant les tiges exposées au soleil et à l'air. Quand le temps lui devient favorable, une pulvérisation de soufre ou un autre fongicide homologué t'apporte un coup de pouce en douceur.
Solution :
- Tailler pour retirer les premiers tissus infectés au printemps
- Améliorer la circulation de l'air et l'exposition au soleil
- Appliquer du soufre ou un autre fongicide homologué selon les recommandations locales
Feuilles tachetées et bronzées, avec de fines toiles, par temps chaud
Lors d'un été chaud et sec, tu peux découvrir des tétranyques tisserands à l'œuvre, qui constellent les feuilles de taches jusqu'à ce qu'elles bronzissent et tombent. Tiens une feuille au-dessus d'une feuille de papier blanc et tapote-la : tu verras les petits acariens bouger, et tu en auras le cœur net. Un rinçage fréquent et énergique au tuyau, une humidité régulière, et un peu de bienveillance envers les acariens prédateurs qui les régulent suffisent généralement à redresser la situation.
Solution :
- Laver régulièrement les plantes avec un jet d'eau puissant
- Préserver les acariens prédateurs bénéfiques et les autres ennemis naturels
- Apporter une quantité d'eau et d'azote suffisante mais pas excessive
- Appliquer un acaricide homologué si les populations augmentent
Feuilles recroquevillées et collantes avec des amas de minuscules insectes à corps mou
Le puceron du houblon apparaît au printemps et reste présent toute la saison, se rassemblant sous les feuilles et sur les extrémités des pousses, où il laisse un miellat collant qui attire la fumagine. Un rapide coup d'œil hebdomadaire sur les extrémités te permet d'intervenir tôt, ce qui compte vraiment, car des pucerons atteignant les cônes gâcheraient ta récolte. Encore mieux, les coccinelles et les chrysopes s'en chargeront en grande partie si tu leur fais bon accueil.
Solution :
- Favoriser et préserver les ennemis naturels comme les coccinelles et les chrysopes
- Rincer au jet d'eau les infestations légères
- Appliquer un savon insecticide ou un insecticide homologué en cas de forte infestation précoce ou touchant les cônes
Feuilles rongées jusqu'à ne laisser qu'un squelette en dentelle en plein été
Les scarabées japonais arrivent en groupe et dévorent les tissus tendres des feuilles, laissant un réseau de nervures en dentelle qui semble plus grave qu'il ne l'est. Dans la fraîcheur du petit matin, ils bougent lentement, tu peux donc simplement les ramasser à la main et les jeter dans de l'eau savonneuse. Rassure-toi : une plante bien enracinée surmonte presque toujours ces dégâts et continue de pousser.
Solution :
- Ramasser les scarabées à la main tôt le matin et les jeter dans de l'eau savonneuse
- Appliquer un insecticide homologué en cas de forte présence d'adultes, si nécessaire
Toxicité
Le houblon est réellement dangereux pour les chiens, et ce n'est pas un avertissement à prendre à la légère. Les cônes frais comme les résidus de houblon issus du brassage peuvent provoquer chez un chien une fièvre soudaine et potentiellement mortelle, alors garde toute la plante et tous les déchets de brassage hors de portée des pattes. Il est également sage d'éloigner chats, chevaux et autres animaux, tandis que les cônes restent ce que l'on utilise sans risque pour brasser de la bière.
Toxique pour
Chats · Chiens · Chevaux · Lapins · Bétail · Oiseaux · Personnes
Chats Modéré
Les chats comptent eux aussi parmi les animaux à risque, et même si les cas rapportés sont moins nombreux que chez le chien, un chat qui mange du houblon peut développer de la fièvre et des troubles digestifs. Par précaution, garde les cônes, le houblon séché et les résidus de brassage hors de portée des chats.
Chiens Grave
C'est le cas à prendre le plus au sérieux. Chez le chien, le houblon peut déclencher une crise d'hyperthermie maligne, avec halètement intense, fièvre dangereusement élevée, rythme cardiaque accéléré, agitation, vomissements et convulsions pouvant devenir fatales en quelques heures. Les résidus de houblon issus du brassage en sont souvent la cause, et les lévriers courent un risque encore plus élevé, alors traite toute ingestion comme une urgence.
Chevaux Modéré
Les chevaux sont eux aussi considérés comme vulnérables. Un cheval qui accède au houblon peut sembler clairement en détresse, avec une température corporelle qui grimpe, alors garde la plante et tous les résidus de brassage bien à l'écart des pâtures et de la nourriture.
Lapins Prudence
Les données concernant les lapins ne sont pas claires dans un sens ou dans l'autre, alors le choix prudent et bienveillant est d'exclure le houblon de leur alimentation. Évite complètement les cônes, les feuilles et les résidus de taille.
Bétail Prudence
Par sécurité, il vaut mieux tenir les bovins, les chèvres et les moutons à l'écart du houblon, car la même réaction liée à la chaleur observée chez le chien ne peut pas être exclue chez eux. Clôture toute plantation, et ne jette jamais de résidus de houblon là où des animaux au pâturage pourraient les trouver.
Oiseaux Prudence
La façon dont les oiseaux réagissent au houblon n'est pas bien documentée, alors la solution douce et raisonnable est de garder les cônes et le houblon séché complètement hors de leur portée.
Personnes Prudence
Pour les adultes, le houblon présente un risque faible, et on utilise les cônes pour brasser de la bière ou les infuser en tisanes apaisantes. Cela dit, ce n'est pas une collation pour les enfants, et manipuler les tiges peut provoquer des irritations cutanées chez certaines personnes, alors un peu de précaution ne fait pas de mal.
Garde tout le houblon, y compris les résidus amers ou bouillis issus du brassage, complètement hors de portée des chiens. Jette le houblon usagé dans un contenant fermé et inaccessible aux animaux, plutôt que dans un compost ouvert ou une poubelle que ton chien pourrait atteindre.
Numéros d'urgence
Variétés
La plupart des jardiniers amateurs choisissent une variété de houblon selon son caractère brassicole, entre arômes vifs d'agrumes et forte amertume, et l'une d'elles est cultivée uniquement pour son aspect décoratif. Voici les noms à connaître.
Cascade
Pour débuter, le Cascade est un houblon aromatique américain facile à vivre, tout en agrumes vifs et en notes florales, et un favori aussi bien chez les amateurs que chez les brasseurs artisanaux.
Centennial
Le Centennial joue un double rôle dans la cuve et est apprécié pour son parfum d'agrumes prononcé, qui lui a valu le surnom affectueux de super Cascade.
Chinook
Le Chinook est un houblon amérisant à haute teneur en alpha-acides, avec un caractère épicé et résineux bien à lui.
Nugget
Le Nugget pousse avec une belle vigueur en tant que cultivar amérisant à haute teneur en alpha-acides, et il est connu pour son arôme prononcé et herbacé.
Aureus
L'Aureus est le houblon doré ornemental, cultivé surtout pour son feuillage chartreuse éclatant plutôt que pour ses cônes brassicoles.
Comment multiplier
Le houblon se multiplie presque toujours à partir du pied mère plutôt que par semis, ce qui garantit la fidélité d'un cultivar femelle nommé et permet d'obtenir une récolte brassicole des années plus tôt, un choix facile pour un jardinier débutant.
DivisionFacile
Début du printemps, pendant la dormance · Une saison de croissance pour s'établir ; production complète de cônes généralement dès la deuxième ou troisième année
Le moyen le plus simple et le plus indulgent d'obtenir davantage de houblon est de diviser la souche vivace d'un pied femelle établi, au début du printemps pendant qu'elle est encore en dormance, ce qui conserve fidèlement le cultivar choisi. La nouvelle division s'installe en une seule saison de croissance, alors prends ton temps : une récolte complète de cônes n'arrive généralement qu'à la deuxième ou troisième année.
MarcottageModéré
Du printemps au début de l'été · Une saison pour s'enraciner avant la séparation
Les boutures de rhizome et les tronçons de tige marcottés s'enracinent facilement lorsqu'ils sont mis en place du printemps au début de l'été, prenant environ une saison pour s'enraciner avant d'être séparés. Les producteurs commerciaux préfèrent généralement partir de plants sains et exempts de maladies plutôt que de rhizomes de champ, une façon judicieuse d'écarter le mildiou d'une nouvelle plantation.
SemisExigeant
Printemps · Deux ans ou plus pour fleurir et révéler leur sexe
Le semis est rarement la voie à privilégier, car les plants issus de graines ne reproduisent pas fidèlement un cultivar nommé et se répartiront entre mâles et femelles. Semés au printemps, ils mettent deux ans ou plus à fleurir et à révéler enfin leur sexe, une longue attente pour une plante dont on ne connaît pas encore la nature.
Idées reçues
N'importe quel pied de houblon donnerait des cônes utilisables pour le brassage.
C'est facile à croire, mais le houblon est dioïque, ce qui signifie que seuls les pieds femelles portent les cônes papyracés, appelés strobiles, que recherchent les brasseurs. Les cultivateurs gardent généralement un ou deux pieds mâles seulement pour la sélection et la pollinisation, et retirent les autres, car des cônes pollinisés et grainés posent problème pour la plupart des brassages.
Seule la bière faite à partir de houblon serait dangereuse pour les chiens, pas la plante elle-même.
Malheureusement, c'est le houblon lui-même qui est dangereux, sans qu'aucune bière ne soit impliquée. Les cônes frais, le houblon séché et surtout les résidus de brassage peuvent déclencher chez le chien une réaction fébrile potentiellement mortelle, sans la moindre trace d'alcool.