Arbre · Rosaceae
Poirier
Pyrus communis
Plante deux arbres pour la pollinisation croisée, offre-leur du soleil et un peu de patience, et le poirier te nourrira pendant des décennies.
Plein soleil
Tous les 7–14 jours
jusqu'à -34°C
12,2–15,2 m

Aperçu
Le poirier s'installe pour le long terme plutôt que pour une saison rapide, et c'est en partie son charme. Pyrus communis est un arbre à feuilles caduques de la famille des rosacées, aux côtés des pommiers, des cerisiers et des pruniers, et un arbre épanoui peut atteindre 12,19 à 15,24 m de haut et vivre plusieurs générations. Chaque printemps il se couvre de nuages de fleurs blanches, puis viennent les fruits familiers en forme de cloche que tu attendais.
Ne t'étonne pas si un seul arbre produit mal, car la plupart des poiriers préfèrent tout simplement la compagnie. Ils dépendent de la pollinisation croisée, alors installe un second cultivar compatible fleurissant en même temps à proximité et laisse les abeilles faire le reste. Les variétés nommées ne se reproduisent pas non plus fidèlement à partir de graines, ce qui explique pourquoi l'arbre que tu ramènes chez toi est greffé sur un porte-greffe choisi, qu'il s'agisse d'un poirier franc ou d'un cognassier nanifiant.
La seule habitude qui piège les nouveaux jardiniers, c'est la récolte, et c'est pourtant facile à bien faire. Les poires européennes mûrissent hors de l'arbre, pas dessus, alors cueille-les mûres mais encore fermes et laisse-les atteindre une texture souple et fondante à l'intérieur. Maîtrise ce timing, offre à l'arbre un partenaire de pollinisation, et garde une longueur d'avance sur le feu bactérien, et il ne te demandera guère plus.
Entretien
La version courte : offre-lui plein soleil, un sol profond et bien drainé, et un second poirier à proximité pour la pollinisation. Garde les jeunes arbres arrosés régulièrement, taille en fin d'hiver en axe central, et va doucement sur l'azote pour tenir le feu bactérien à distance.
Lumière
Le poirier est le plus heureux et produit le mieux en plein soleil, et au moins six heures de lumière directe par jour favorisent une bonne floraison et une bonne nouaison. Un peu d'ombre l'après-midi ne pose pas de problème, mais un arbre laissé dans une vraie ombre te donnera une croissance faible et une récolte maigre, alors vise l'endroit le plus lumineux dont tu disposes.
Arrosage
Offre à un arbre environ 2,5 cm d'eau par semaine, et garde les jeunes arbres régulièrement humides pendant que leurs racines prennent encore leurs marques. Une fois établi, le poirier supporte bien plus facilement les périodes sèches. Arrose au sol plutôt que sur la couronne, car des feuilles mouillées sont une porte ouverte aux maladies.
Sol
Le poirier adore un loam profond, fertile et bien drainé, même s'il s'accommodera volontiers d'argile ou de sable tant que l'eau continue de circuler. Vise un pH de 6,0 à 7,5, plutôt légèrement acide à neutre, et l'arbre t'en remerciera.
Température
Ce sont des arbres remarquablement résistants au froid, à l'aise de -29 °C à 35 °C environ, et bien adaptés aux zones USDA 4 à 8. Ce froid hivernal est une bonne chose, car les bourgeons ont besoin d'un vrai repos au froid avant de repartir en croissance au printemps.
Humidité
Une humidité extérieure ordinaire, autour de 40 % à 70 %, convient très bien au poirier, alors c'est rarement une source de souci. Ce qui compte bien davantage, c'est la circulation de l'air dans la couronne, car des conditions stagnantes et humides sont exactement ce qui permet au feu bactérien et à la tavelure de s'installer.
Fertilisation
Nourris-le au début du printemps avant le débourrement avec un engrais équilibré N-P-K, environ une fois par saison, et l'arbre fera le reste. Vas-y doucement avec l'azote, car un afflux de croissance molle et sève abondante est exactement ce qu'aime envahir le feu bactérien.
Taille
Taille en fin d'hiver pendant que l'arbre est dormant, en guidant un jeune arbre vers un axe central unique et en retirant le bois qui se croise, mort ou malade. Si le feu bactérien apparaît, coupe de 20 à 30 cm en dessous du chancre visible, dans du bois sain, et essuie tes outils entre chaque coupe pour ne pas le propager.
Rempotage
Le poirier n'est généralement pas cultivé en pot, mais un arbre nain dans un grand contenant se porte bien s'il reçoit un apport de terreau chaque année et un rempotage tous les 2 à 3 ans. Renouvelle le terreau au même moment et les racines resteront bien nourries et à l'aise.
Taille et espacement
Un poirier standard atteint 12,19 à 15,24 m de haut et s'étale sur 7,62 à 10,67 m de large, alors donne-lui un espace dégagé, bien à l'écart des bâtiments et des lignes électriques. Deux arbres installés pour la pollinisation croisée ont tout de même besoin d'un peu d'espace pour que l'air circule doucement entre eux.
Quand planter
Le poirier se plante pendant qu'il est dormant et à racines nues, alors pas de précipitation ni de complications. Plante-le au début du printemps, ou en automne là où les hivers restent doux, et il s'ouvrira en fleurs blanches du début à la mi-printemps. Les fruits suivent de la fin de l'été jusqu'à l'automne, cueillis fermes et laissés à mûrir hors de l'arbre.
Mois typiques pour un climat tempéré : commencez plus tôt en zone chaude, plus tard là où les gelées de printemps persistent.
- Plantation: Au début du printemps pendant la dormance, ou en automne dans les régions à hiver doux
- Récolte: Fleurit du début à la mi printemps ; les poires européennes sont récoltées mûres mais encore fermes de la fin de l'été à l'automne, puis mûries hors de l'arbre
Rusticité
Température: jusqu'à -34°C
Problèmes courants
Le poirier ne rencontre qu'une courte liste de soucis récurrents, et le feu bactérien arrive largement en tête. Garde un œil bienveillant sur les nouvelles pousses au printemps et sur les fruits durant l'été, car c'est là que les premiers indices apparaissent. Trouve ce que tu observes ci-dessous, puis interviens tôt avant que cela ne gagne tout l'arbre.
Des pointes qui flétrissent, noircissent et s'enroulent comme une crosse de berger
Respire un bon coup, car ce problème se gère bien si tu le repères à temps. Ce que tu observes, c'est le feu bactérien, une infection bactérienne qui s'installe sur les fleurs par temps de printemps chaud et humide puis descend le long des pousses. La crosse à la pointe, les feuilles brûlées qui restent accrochées au bois, et les petites perles de suintement sur les chancres, tout cela le confirme. Coupe le bois infecté largement en dessous des dégâts visibles, dans du bois sain, par temps sec, et essuie soigneusement tes outils entre chaque coupe pour ne pas le transporter plus loin.
Solution :
- Taille le bois infecté de 20 à 30 cm en dessous des symptômes visibles, dans du bois sain, par temps sec
- Désinfecte les outils de taille entre chaque coupe et retire et détruis les résidus de taille
Des feuilles poisseuses, un film noir de fumagine, et un feuillage qui s'enroule
C'est un visiteur courant et rien de bien inquiétant. Le psylle du poirier est un petit insecte qui s'installe sur les nouvelles pousses et laisse derrière lui un miellat collant, et ce miellat se recouvre lentement d'un voile de fumagine noire. Regarde de près les jeunes pousses et tu apercevras les petites nymphes posées dans ces gouttelettes. Une huile horticole d'hiver appliquée avant le débourrement élimine la plupart des ravageurs hivernants, et tu n'as besoin de penser à un insecticide qu'une fois qu'une surveillance attentive montre que leur nombre a vraiment augmenté.
Solution :
- Applique de l'huile horticole d'hiver avant le débourrement
- N'utilise les insecticides recommandés que si les seuils de surveillance sont dépassés
Des poires véreuses criblées de galeries pleines de déjections, qui tombent trop tôt
Trouver une poire véreuse est décourageant, mais tu peux garder une longueur d'avance. Les larves du carpocapse creusent dans le fruit en développement et remplissent les galeries de déjections près du cœur. Ouvre une poire abîmée et le chemin de la larve se révèle clairement. Ramasse les fruits infestés et tombés dès que tu les remarques, et suspends quelques pièges à phéromones pour synchroniser tes interventions avec le vol des papillons.
Solution :
- Retire et détruis les fruits infestés et tombés
- Utilise des pièges à phéromones pour synchroniser les interventions
Des taches sombres et veloutées sur les feuilles, et des fruits tavelés et fendus
Ne laisse pas les feuilles tachetées trop t'inquiéter, car c'est un problème familier avec une réponse familière. La tavelure du poirier est un champignon qui s'active par temps de printemps humide et laisse des marques veloutées vert olive à noires sur les feuilles, ainsi que des plaques liégeuses et fendues sur les fruits. Ratisse et élimine les feuilles tombées où le champignon passe l'hiver, ouvre la couronne avec un peu de taille pour que l'air circule, et privilégie les cultivars résistants quand tu le peux. Lors d'une année difficile, un fongicide pendant la période d'infection te donne un coup de pouce.
Solution :
- Ratisse et détruis les feuilles tombées
- Applique des fongicides pendant la période d'infection si nécessaire
Toxicité
La chair mûre de la poire est un fruit sain et sans danger pour les humains, et inoffensive pour la plupart des animaux en petite quantité, alors pas besoin de t'inquiéter pour une bouchée égarée. Le piège se cache dans les graines, l'écorce et les feuilles flétries, qui contiennent des composés cyanogènes courants dans toute la famille des rosacées. Ramasse les fruits tombés et les tailles, et tiens les trognons chargés de graines et le feuillage flétri bien à l'écart des chevaux, du bétail et des animaux de pâturage.
Toxique pour
Chats · Chiens · Chevaux · Lapins · Bétail · Oiseaux
Sans danger pour
Personnes
Chats Prudence
Une petite lichée de chair mûre ne dérangera pas un chat, alors ce qu'il faut surveiller, ce sont les graines et les feuilles flétries. Mâcher quelques graines ou un peu de feuillage flétri peut déranger l'estomac, et une véritable réaction au cyanure, bien que rare, se manifeste par une salivation et une respiration difficile.
Chiens Prudence
Un peu de poire mûre passe très bien chez la plupart des chiens, alors ce qu'il faut surveiller, c'est le trognon. Un chien qui croque les graines ou grignote des feuilles flétries pourrait avoir l'estomac dérangé, et une grosse portion peut le laisser faible et haletant à cause des composés cyanogènes qu'elle contient.
Chevaux Prudence
Les chevaux méritent une surveillance étroite, car ils aspireront volontiers les poires tombées à pleine bouche. Un gros repas de fruits tombés, de graines et de feuilles flétries peut provoquer des coliques et, dans le pire des cas, un empoisonnement au cyanure marqué par des tremblements et un halètement.
Lapins Prudence
Une petite bouchée de poire mûre fait une jolie friandise pour un lapin, même s'il vaut mieux laisser les graines et la verdure flétrie hors du clapier. Comme ils sont si petits, même une quantité modeste des parties cyanogènes peut perturber leur digestion.
Bétail Prudence
Les bovins, les moutons et les chèvres se gaveront volontiers de fruits tombés et des feuilles flétries de branches taillées ou cassées par une tempête. Ce feuillage flétri porte le plus de cyanure, et une grande quantité peut entraîner des trébuchements, une respiration rapide, et un effondrement.
Oiseaux Prudence
Les poules et autres oiseaux de basse-cour picoreront la chair mûre de la poire sans aucun souci. Les graines sont le piège, car elles contiennent le composé cyanogène, alors retire les trognons avant d'en partager.
Personnes Fruit mûr sans danger
La poire mûre est un fruit sain et sans danger à savourer. Évite simplement de prendre l'habitude d'avaler les graines, qui contiennent le même composé cyanogène présent dans toute la famille des rosacées.
Les animaux qui grignotent un peu de chair mûre de poire ne risquent probablement rien, mais jette les trognons et les graines. Le vrai souci concerne surtout les chevaux et le bétail qui mangent de grandes quantités de fruits tombés, de graines ou de feuillage flétri.
Numéros d'urgence
Variétés
Les poires européennes se déclinent en une poignée de noms que tu croiseras encore et encore au marché et à la pépinière. Voici celles qu'il vaut la peine de connaître, et garde en tête que la plupart veulent un partenaire pour bien produire.
Bartlett (Williams)
C'est la poire européenne la plus cultivée au monde, avec sa forme classique en cloche qui passe du vert au jaune en mûrissant, aussi bonne fraîche qu'en conserve.
Bosc
Tu reconnaîtras la Bosc à son long cou effilé et sa peau brun cannelle rugueuse, et sa chair ferme et dense garde magnifiquement sa forme une fois cuite.
Anjou (D'Anjou)
Une poire en forme d'œuf dont la peau verte, ou rouge pour la Red Anjou, garde sa couleur même mûre, alors on sait qu'elle est prête grâce au léger ramollissement près du cou.
Comice
Souvent appelée la poire de Noël, ce fruit rond vert-jaune est apprécié pour sa chair sucrée, juteuse et fondante.
Comment multiplier
Le poirier se multiplie par greffage plutôt que par bouturage ou semis, car une variété nommée ne reste fidèle à elle-même que lorsqu'elle est greffée sur un porte-greffe.
GreffageModéré
Greffage en fente sur table en fin d'hiver pendant la dormance, ou greffage en chip ou en écusson en été · Les arbres greffés entrent généralement en production en environ 3 à 6 ans
Comme les cultivars nommés ne se reproduisent pas fidèlement à partir de graines, les producteurs se tournent vers le greffage, et c'est plus simple que ça n'en a l'air. Le chemin habituel est un greffage en fente sur table en fin d'hiver, pendant que le bois est encore dormant, avec un greffage en chip ou en écusson réalisé en été. Un porte-greffe de poirier franc donne un arbre de taille normale, tandis que le cognassier garde les choses plus compactes, même si quelques cultivars ont besoin d'un intermédiaire compatible pour bien prendre. Un arbre greffé commence généralement à produire en environ 3 à 6 ans, alors un peu de patience porte ses fruits.
SemisModéré
Sème après 60 à 90 jours de stratification au froid et en milieu humide, au printemps · Plusieurs années
Cultiver des poiriers à partir de graines est vraiment un travail pour les sélectionneurs et les pépiniéristes plutôt qu'un moyen de reproduire un arbre que tu aimes. Sème la graine au printemps après 60 à 90 jours de stratification au froid et en milieu humide pour la réveiller de sa dormance. Les semis mettent plusieurs années à devenir quelque chose et ne seront pas fidèles au parent, ce qui explique pourquoi ils finissent surtout comme porte-greffes ou pieds-mères de sélection.
Idées reçues
Il vaut mieux laisser les poires mûrir sur l'arbre, tout comme les pommes.
Attendre paraît naturel, mais les poires européennes comme Bartlett, Bosc, Anjou et Comice font exactement l'inverse des pommes. Cueille-les mûres mais encore fermes et laisse-les terminer de mûrir hors de l'arbre, car un fruit laissé accroché mûrit de l'intérieur vers l'extérieur et devient farineux et granuleux. Les poires asiatiques sont l'exception amicale et mûrissent volontiers sur la branche.
Un seul poirier suffira à te donner une pleine récolte.
Un arbre solitaire te laisse généralement un peu court. La plupart des poiriers ont besoin d'un second cultivar compatible fleurissant en même temps pour se polliniser mutuellement et bien fructifier, alors il vaut la peine de prévoir une paire dès le départ.