Arbre · Rosaceae

Poirier de Bradford

Pyrus calleryana

Rapide à pousser et remarquablement résistant, le poirier de Bradford se fend aussi lors des tempêtes et se propage comme une espèce envahissante agressive, ce qui en fait un arbre à éviter.

Lumière

Plein soleil

Arrosage

Tous les 7–⁠14 jours

Rusticité

jusqu'à -29°C

Taille adulte

9,1–⁠15,2 m

Sans danger pour les animaux
Poirier de Bradford

Aperçu

Si un poirier de Bradford a atterri dans ton jardin, tu es en bonne compagnie, car ce poirier Callery a autrefois été planté à peu près partout pour sa silhouette soignée et le doux nuage de fleurs blanc crème qu'il produit au début du printemps. Il pardonne les sols pauvres, les périodes de sécheresse et la pollution urbaine, ce qui explique exactement pourquoi il a envahi tant de jardins et de parkings. La seule surprise, c'est sa floraison, qui dégage une odeur âcre qui surprend la plupart des gens la première fois.

Derrière cette apparence facile se cachent deux vrais défauts, qu'il vaut mieux connaître que redouter. Les branches poussent selon des angles serrés et fragiles qui se déchirent sous le vent, la neige ou le verglas, si bien qu'un arbre adulte se fend souvent entre 15 et 25 ans. Le problème le plus sérieux, c'est que les cultivars se pollinisent entre eux et produisent des graines fertiles, que les oiseaux dispersent en pleine nature, où elles forment des fourrés épineux denses qui évincent les plantes indigènes.

Ce second problème a fini par rattraper l'arbre, et tu ne devrais pas culpabiliser de faire un autre choix. Plusieurs États en ont interdit la vente, et la plupart des experts orientent désormais les jardiniers vers un arbre à fleurs indigène. Les conseils d'entretien ci-dessous t'aideront à prendre soin d'un poirier de Bradford que tu possèdes déjà, et tu peux très bien y arriver, mais en planter un nouveau n'est plus le bon choix aujourd'hui.

Entretien

La version courte : offre-lui plein soleil et presque n'importe quel sol, très peu d'eau une fois établi, et presque aucun engrais ; l'essentiel de ton travail consistera à tailler pour la structure et à surveiller les branches qui se fendent en vieillissant.

Lumière

Offre-lui le plein soleil et tu obtiendras la plus belle silhouette et la floraison la plus généreuse, même s'il tolère volontiers la mi-ombre. Plus il reçoit de soleil, plus la ramure se remplit de manière dense et régulière.

Arrosage

Les jeunes arbres ont besoin d'un arrosage régulier pendant leur installation, mais un poirier de Bradford adulte est tolérant à la sécheresse et se contente d'une humidité faible à moyenne. Arrose-le lors d'une véritable période sèche et laisse-le tranquille le reste du temps, en laissant sécher la moitié supérieure de la zone racinaire entre deux arrosages.

Sol

Peu d'arbres sont aussi faciles à satisfaire côté sol. Il pousse dans l'argile, le limon ou le sable, sur une large plage de pH de 5,5 à 8,0, apprécie un bon drainage mais tolère aussi bien l'argile lourde, quelques zones humides, la sécheresse et la pollution urbaine.

Température

Rustique d'environ -29°C à 38°C, il encaisse aussi bien le froid de la zone 5 que la chaleur du sud. Cette robustesse même explique en partie pourquoi il s'est autant répandu.

Humidité

Une humidité extérieure ordinaire lui convient parfaitement, donc aucun niveau à surveiller de ta part. La circulation de l'air compte plus que l'humidité ambiante, car ce sont des feuilles humides et entassées qui invitent les taches foliaires et le feu bactérien.

Fertilisation

Un arbre établi dans un sol ordinaire n'a presque jamais besoin d'engrais. Si la croissance stagne, un engrais équilibré à libération lente pour arbres en début de printemps suffit amplement, et forcer sur l'azote ne fait que nourrir la croissance tendre qu'affectionne le feu bactérien.

Taille

Taille-le en hiver, pendant la dormance de l'arbre, en retirant les branches qui se croisent, faibles ou à angle étroit, pour bâtir une charpente plus solide. Une taille sérieuse améliore les chances, mais elle ne peut pas effacer la fragilité de fendage propre au cultivar, alors plante l'arbre bien à l'écart des vents forts.

Rempotage

aucun

Taille et espacement

N'oublie pas que c'est un grand arbre, atteignant 9 à 15 m de hauteur pour un étalement de 6 à 11 m. Donne-lui beaucoup d'espace dégagé, bien à l'écart des bâtiments, des lignes électriques et des allées, car les branches vieillissantes ont tendance à casser.

Quand planter

Le poirier de Bradford suit une année rassurante et prévisible dans les zones 5 à 9. Installe les arbres en motte toilée ou en conteneur au début du printemps ou en automne, guette la floraison blanche et malodorante en avril, et attends que les petits fruits bruns mûrissent en automne, après quoi les oiseaux prennent le relais et dispersent les graines.

Plantation mars–avr
Floraison avr
Plantation sept–oct
Récolte sept–nov

Mois typiques pour un climat tempéré : commencez plus tôt en zone chaude, plus tard là où les gelées de printemps persistent.

  • Plantation: Plante les arbres en motte toilée ou en conteneur au début du printemps ou en automne.
  • Récolte: Fleurs blanc crème au début du printemps (avril), avant ou en même temps que les feuilles ; de petits fruits ronds brunâtres mûrissent en automne.

Rusticité

Température: jusqu'à -29°C

Problèmes courants

Presque tout ce qui peut mal tourner avec cet arbre se range dans deux catégories faciles à apprendre : la faiblesse structurelle pour laquelle il est connu, et les maladies qu'il partage avec les autres poiriers. Une fois que tu sais repérer les premiers signes de chacune, tu as largement le temps d'intervenir avant qu'un problème ne devienne un danger ou ne gagne toute la ramure.

Grave

Une tempête fend l'arbre ou arrache de grosses branches

Rassure-toi, c'est le défaut pour lequel tout poirier de Bradford est connu, tu ne fais donc rien de mal. Des fourches de branches fragiles et étroites, avec de l'écorce coincée à l'intérieur, cèdent simplement sous le vent, la neige ou le verglas, et un arbre adulte peut se déchirer en deux, souvent entre 15 et 25 ans. Observe la ramure à la recherche de fourches en V serré et de plusieurs tiges dressées de taille similaire, et si tu repères un arbre déjà en difficulté, un arboriste pourra le réduire ou le retirer en douceur pour toi.

Solution :

  • Retirer rapidement les branches endommagées ou dangereuses avec des coupes appropriées
  • Faire évaluer l'arbre par un arboriste certifié, et le réduire ou le retirer si sa structure est compromise
  • Remplacer les arbres défaillants par une espèce non envahissante et structurellement solide
Ralentissement

Les fleurs et les pousses noircissent et se recourbent en crochet

Si tu remarques des pousses qui noircissent comme brûlées et se recourbent en crosse de berger, cela indique le feu bactérien, une infection bactérienne qui adore les printemps chauds et humides, mais que tu peux gérer. Recherche le long des branches des chancres suintants et un dépérissement qui remonte vers le tronc. Le geste bienveillant pour l'arbre est de tailler le bois infecté 20 à 30 cm en dessous de tout dommage visible, par temps sec, en désinfectant tes outils entre chaque coupe pour ne pas propager l'infection de branche en branche.

Solution :

  • Tailler le bois infecté à au moins 20 à 30 cm en dessous des symptômes visibles, par temps sec
  • Désinfecter les outils de taille entre chaque coupe
  • Retirer et détruire les résidus de taille ; ne pas les composter
Esthétique

Des taches foliaires rouge violacé et une chute précoce des feuilles

De petites taches rouges à violettes qui se rejoignent sont la marque de l'Entomosporium, un champignon qui s'installe par temps humide, et la bonne nouvelle, c'est qu'il met rarement l'arbre en réel danger. Une atteinte sévère fait tomber les feuilles tôt, ce qui a l'air alarmant mais passe. Ratisse et détruis les feuilles tombées, aère un peu la ramure pour la circulation de l'air, et essaie de garder le feuillage sec, et l'arbre ira bien.

Solution :

  • Ratisser et détruire les feuilles infectées tombées au sol
  • Améliorer la circulation de l'air et éviter de mouiller le feuillage par le dessus
  • Appliquer un fongicide homologué au printemps si le problème est récurrent et sévère

Toxicité

Voici de quoi te rassurer : le poirier de Bradford n'est pas un arbre toxique. Il ne figure pas sur les listes de plantes toxiques de l'ASPCA, et les petits fruits durs n'empoisonneront ni un animal domestique ni un animal au pâturage. La seule réserve honnête, et bien légère, c'est que comme les pépins de pomme et de poire, ses graines contiennent des traces de composés cyanogènes, donc il vaut mieux ratisser une chute abondante de fruits plutôt que de laisser un animal s'en gaver.

Sans danger pour

Personnes · Chats · Chiens · Chevaux · Lapins · Bétail · Oiseaux

Chats Aucun

Tu peux te détendre si un chat grignote une feuille ou joue avec un fruit tombé, car cet arbre ne figure pas sur les listes de plantes toxiques. Les graines nichées dans le fruit contiennent bien des traces de composés cyanogènes, comme la plupart de ses cousines de la famille des rosacées, alors ramasser les fruits tombés reste une habitude simple et bienveillante.

Chiens Aucun

Il n'y a aucun réel risque d'empoisonnement pour un chien avec les feuilles ou les petits fruits durs, alors tu peux être tranquille. Un chien qui engloutit tout un tas de fruits tombés pourrait avoir un léger trouble digestif passager, et les graines contiennent les mêmes traces de composés cyanogènes que les autres poires, donc mieux vaut l'empêcher de se gaver.

Chevaux Aucun

Les chevaux peuvent brouter les feuilles et les fruits sans danger en quantités normales, il y a donc peu de raisons de s'inquiéter. Comme pour toute poire, un peu de matière cyanogène se trouve dans les graines, donc la seule situation à surveiller de près est un cheval qui se rue sur une chute abondante de fruits.

Lapins Aucun

Les feuilles et les rameaux ne sont pas toxiques pour les lapins et conviennent parfaitement en broutage occasionnel. Tiens simplement les graines hors de portée, car les traces de composés cyanogènes qu'elles contiennent sont préférables à éviter chez un petit animal.

Bétail Aucun

Les bovins, chèvres et moutons peuvent brouter le feuillage et les fruits tombés sans danger, alors quelques arbres à proximité ne posent aucun souci. La seule réserve habituelle, comme pour tous les arbres de la famille des rosacées, c'est que les graines contiennent des traces de composés cyanogènes, donc ratisser une chute abondante de fruits avant que le bétail n'arrive est la solution simple.

Oiseaux Aucun

Les oiseaux mangent les petits fruits sans aucun problème, et rien ici ne devrait les en dissuader. C'est justement cette facilité qui, malheureusement, permet à l'arbre de disperser ses graines si loin et si largement.

Personnes Sans danger

Il n'y a aucune menace toxique pour les humains, tu peux donc te sentir à l'aise à proximité. Les petits fruits durs ne constituent pas une culture vivrière et ne valent pas la peine d'être mangés, et comme les pépins de pomme et de poire, ses graines contiennent des traces de composés cyanogènes, donc il n'y a simplement aucune raison de les mâcher.

Aucune précaution particulière n'est nécessaire côté toxicité. Porte des gants et une protection oculaire pour la taille, car les semis échappés et les rejets du porte-greffe peuvent porter des épines acérées.

Variétés

Quelques cultivars nommés de poirier Callery ont été commercialisés au fil des ans, surtout pour rechercher une forme plus solide ou de meilleures couleurs automnales. Chacun d'eux se croise pourtant toujours avec les autres, alimentant ainsi le même problème de semis envahissants.

'Bradford'

C'est le cultivar original et le plus problématique, un arbre dense, de forme pyramidale à ovale, dont les fourches de branches, célèbres pour leur étroitesse, se fendent lors des tempêtes ; et même s'il ne peut pas s'autopolliniser, il alimente tout de même le problème des semis envahissants en se croisant avec ses voisins.

'Cleveland Select' / 'Chanticleer'

Tu trouveras ici un arbre plus dressé, étroitement pyramidal, d'environ 10,5 m de hauteur pour 5 m de large, avec une ramification un peu plus solide et une meilleure résistance au feu bactérien, même s'il reste un poirier Callery qui se croise avec les autres pour se propager.

'Aristocrat'

Cette sélection offre une ramification plus solide et plus ouverte que 'Bradford', mais elle succombe plus facilement au feu bactérien et continue de contribuer à la propagation de semis envahissants.

'Autumn Blaze'

Sélectionné pour sa couleur automnale rouge violacé fiable et sa bonne rusticité au froid, il se croise avec les autres cultivars pour produire des semis fertiles dispersés par les oiseaux, au même titre que les autres.

Comment multiplier

Cet arbre se multiplie de deux façons, et honnêtement, aucune des deux n'a sa place dans un jardin familial. Les pépinières greffent les cultivars nommés, tandis que l'espèce se ressème toute seule grâce aux graines dispersées par les oiseaux, et c'est précisément cette seconde voie qui l'a rendue envahissante.

GreffageExigeant

De la fin de l'hiver au printemps (greffage en pépinière) ou en été (écussonnage) · 1 à 2 saisons de croissance pour que le point de greffe se soude

Les cultivars nommés comme 'Bradford' ne se reproduisent pas fidèlement par semis, donc les pépinières les greffent ou les écussonnent sur un porte-greffe de Pyrus calleryana, généralement par greffage en pépinière de la fin de l'hiver au printemps, ou par écussonnage en été. Le point de greffe a besoin d'une à deux saisons de croissance pour se souder. C'est un travail exigeant, et vu les problèmes d'invasivité et de structure de cet arbre, il n'y a vraiment aucune raison de s'y lancer chez soi.

SemisFacile

En automne, après la maturation des fruits · 1 à 2 saisons de croissance pour obtenir un jeune plant

L'espèce se ressème toute seule sans aucune aide, les oiseaux disséminant les graines des fruits d'automne, et un semis s'installe en une à deux saisons de croissance. Le problème, c'est que la pollinisation croisée entre cultivars rend ces semis envahissants, donc les cultiver volontairement est déconseillé et, de plus en plus, interdit par la loi.

Idées reçues

Idée reçue

Le poirier de Bradford est stérile et ne peut pas se propager, il est donc sans danger de le planter.

Réalité

Il est vrai que 'Bradford' ne peut pas féconder ses propres fleurs, mais il se croise librement avec d'autres cultivars de poirier Callery et avec les rejets du porte-greffe, produisant des graines viables que les oiseaux dispersent largement dans des fourrés épineux denses. Plusieurs États américains en ont désormais purement et simplement interdit la vente.

Sources