Arbre · Rosaceae

Cognassier

Cydonia oblonga

Patient et un peu acidulé sur la branche, le cognassier récompense tes soins avec des fruits dorés et parfumés qui brillent en cuisine.

Lumière

Plein soleil

Arrosage

Tous les 7–⁠14 jours

Rusticité

jusqu'à -29°C

Taille adulte

3–⁠4,6 m

Toxique pour les chats, chiens, chevaux et plus
Cognassier

Aperçu

Si tu n'as jamais cultivé d'arbre fruitier, le cognassier est un point de départ bienveillant. C'est un arbre de l'Ancien Monde qui nourrissait déjà les foyers bien avant que les pommiers et les poiriers ne remplissent le verger, et il reste agréablement compact, dépassant rarement 3 à 4,5 m. Vers la fin du printemps, il se couvre de tendres fleurs roses, et à l'automne il porte des fruits dorés dont le parfum peut envahir toute une pièce.

Vois le cognassier comme un arbre pour le cuisinier de la famille. Cueilli directement sur la branche, le fruit est dur et franchement acide, mais un peu de cuisson le rend tendre, sucré et d'un beau rose profond. Sa forte teneur en pectine lui permet de prendre facilement en gelée et en pâte espagnole appelée membrillo, et il se trouve à l'aise dans la famille des rosacées, les Rosaceae, aux côtés des pommiers, des poiriers et des pruniers.

En cultiver un demande de la patience, et il n'y a rien d'inquiétant à cela. Le cognassier s'installe lentement et porte une seule vraie faiblesse, une forte tendance au feu bactérien, mais les deux se gèrent bien. Offre-lui plein soleil, un sol drainant et de l'air circulant entre les branches, taille-le avec douceur, et un seul arbre peut approvisionner ta cuisine en gelée pendant de nombreuses années.

Entretien

La version courte : offre au cognassier un emplacement ensoleillé et bien drainé, arrose-le en profondeur pendant qu'il s'enracine et pendant que les fruits grossissent, taille-le en forme ouverte à la fin de l'hiver, et surveille avec bienveillance le feu bactérien dès l'ouverture des fleurs.

Lumière

Le cognassier donne ses meilleurs fruits en plein soleil, où une longue journée lumineuse développe le sucre et mûrit la récolte. Il tolère un peu d'ombre partielle si c'est ce dont tu disposes, mais tu obtiendras alors moins de fruits et une saveur plus discrète.

Arrosage

Pendant que ton jeune arbre prend racine, puis de nouveau lorsque les fruits grossissent, arrose-le en profondeur environ tous les 7 à 14 jours, en te laissant guider par la météo. Laisse sécher la moitié supérieure du sol avant le prochain arrosage. Une fois bien installé, il traverse sans souci une courte période de sécheresse, mais c'est une humidité régulière qui donne les plus beaux fruits.

Sol

Le cognassier n'est pas exigeant côté sol et demande surtout un bon drainage. Une terre franche fertile et bien drainée, légèrement acide, autour d'un pH de 6,0 à 7,0, lui convient à merveille, et il pousse dans de nombreux types de sol tant que ses racines ne trempent jamais dans l'eau.

Température

C'est un arbre rustique à la marge de confort étendue, qui supporte sans broncher des minimums hivernaux proches de -29 °C et des maximums estivaux allant jusqu'à 35 °C. Un véritable froid hivernal tempéré fait d'ailleurs partie de ce qui l'aide à bien fleurir et fructifier, alors le froid est un allié ici.

Humidité

Une humidité extérieure ordinaire, quelque part entre 40 % et 70 %, est tout ce que demande le cognassier. Ce qui compte bien davantage, c'est l'air qui circule entre les branches, car un air immobile et humide est exactement ce qui favorise les maladies fongiques auxquelles cet arbre peut être sujet.

Fertilisation

Un engrais équilibré ou une fine couche de compost au début du printemps couvre tous les besoins du cognassier pour l'année. Garde l'azote modéré, car une poussée de nouvelles pousses tendres est exactement le festin que recherche le feu bactérien.

Taille

Taille à la fin de l'hiver pendant que l'arbre est en dormance, en l'ouvrant en forme de vase pour que la lumière et l'air atteignent chaque branche. Retire les rejets, les branches qui se croisent et le bois mort, et si tu repères des dégâts de feu bactérien, coupe bien en dessous du chancre et désinfecte tes outils entre chaque coupe. C'est un travail plus doux qu'il n'y paraît.

Rempotage

Le cognassier a sa place en pleine terre et a rarement besoin d'être rempoté. Choisis un emplacement durable avec assez d'espace pour s'étendre, plante-le une bonne fois, et il restera volontiers en place pour longtemps.

Taille et espacement

Un cognassier adulte atteint environ 3 à 4,5 m de hauteur et s'étale sur 2,7 à 3,7 m. Prévois dès le départ tout cet espace dégagé pour que la lumière et l'air circulent librement autour de chaque branche.

Quand planter

Le cognassier résiste bien au froid, à l'aise dans les zones 5 à 8, et il préfère être planté en terre pendant son repos. Plante un arbre à racines nues ou en pot au début du printemps, ou en automne si tes hivers restent doux. Les fleurs apparaissent à la fin du printemps, et les fruits se colorent tout au long de l'automne, prêts à être récoltés vers octobre, avant les premières fortes gelées.

Plantation mars–avr
Floraison avr–mai
Récolte oct

Mois typiques pour un climat tempéré : commencez plus tôt en zone chaude, plus tard là où les gelées de printemps persistent.

  • Plantation: Plante les arbres à racines nues ou en conteneur au début du printemps pendant la dormance, ou en automne dans les régions aux hivers doux.
  • Récolte: Fleurit à la fin du printemps (avril à mai) ; les fruits dorés et parfumés mûrissent en automne (vers octobre) et sont récoltés avant les premières fortes gelées.

Rusticité

Température: jusqu'à -29°C

Problèmes courants

Presque tous les problèmes que rencontre le cognassier viennent d'un champignon ou d'une bactérie, et la bonne nouvelle, c'est qu'un air circulant bien, un nettoyage soigné et une taille bien programmée en préviennent la plupart. Le feu bactérien est celui qui peut emporter un arbre entier, alors apprends à le reconnaître en premier. Trouve ton symptôme ci-dessous, puis interviens tôt pendant que le problème est encore léger.

Grave

Les fleurs et les pointes des pousses noircissent et se recourbent

Le cognassier est l'un des arbres les plus sensibles au feu bactérien que tu puisses planter, alors c'est la maladie à connaître en premier, et elle reste néanmoins gérable. La bactérie s'infiltre dans les fleurs ouvertes et les jeunes pousses tendres pendant les journées de printemps chaudes et humides, et les pointes noircissent en se recourbant comme une crosse de berger. Coupe bien en dessous du problème, environ 20 à 30 cm sous tout chancre visible, stérilise tes outils entre chaque coupe, et réduis l'azote pour que l'arbre cesse d'offrir la croissance tendre dont se nourrit la bactérie.

Solution :

  • Taille les pousses noircies en crosse de berger, 20 à 30 cm sous les chancres visibles, désinfecte les outils, évite l'excès d'azote, et envisage des pulvérisations bactéricides au moment de la floraison.
Ralentissement

Des plaques croûteuses et déformées se répandent sur les jeunes fruits

La rouille du cognassier est un champignon aux habitudes inhabituelles, ayant besoin à la fois du cognassier et d'un genévrier ou d'un cèdre voisin pour boucler son cycle de vie. Ses spores arrivent pendant la floraison de l'arbre et déforment les fruits. Retire les genévriers hôtes alternatifs à ta portée quand tu le peux, et protège l'arbre avec un fongicide pendant toute la floraison, et tu le garderas sous contrôle.

Solution :

  • Retire les genévriers hôtes alternatifs à proximité quand cela est possible, et applique des fongicides protecteurs pendant la floraison.
Ralentissement

Des taches sombres sur les feuilles, puis une chute prématurée du feuillage

La brûlure des feuilles est un problème fongique qui se réveille lors des périodes humides, couvrant les feuilles de taches sombres et les faisant tomber avant l'arrivée de l'automne. Ramasse et détruis les feuilles tombées pour que les spores ne puissent pas hiverner au pied de l'arbre, éclaircis la ramure pour que l'air circule mieux, et ne recours à un fongicide que si l'arbre perd ses feuilles de façon importante.

Solution :

  • Ramasse et détruis les feuilles tombées, améliore la circulation de l'air, et applique un fongicide si la défoliation est sévère.
Esthétique

Une fine poussière blanche se dépose sur les feuilles

L'oïdium apparaît sous forme d'un voile pâle et poussiéreux quand l'air est humide et à peine agité, et heureusement il cause rarement de réels dégâts. Ouvre la ramure avec une petite taille pour laisser passer l'air, et ne traite avec un fongicide que s'il commence à couvrir une grande partie de l'arbre.

Solution :

  • Taille pour favoriser la circulation de l'air et traite avec un fongicide si l'atteinte est étendue.

Toxicité

La chair cuite du cognassier est sûre et délicieuse, et c'est cette partie tendre et sucrée qui devient gelée et pâte de coing (membrillo). Le seul point à surveiller se trouve dans les pépins, qui renferment des composés cyanogènes, tout comme les pépins des pommes, des cerises et d'autres fruits de la famille des rosacées. Avalés entiers, ils passent généralement sans dommage, mais mâchés en quantité, ils peuvent libérer du cyanure, alors tiens les trognons à l'écart des animaux et laisse les pépins hors de la casserole.

Toxique pour

Chats · Chiens · Chevaux · Lapins · Bétail · Oiseaux

Sans danger pour

Personnes

Chats Léger

La chair n'est pas vraiment un souci, et un chat qui grignote un fruit tombé au sol se portera parfaitement bien. Le point de vigilance, ce sont les pépins, car mâchés ils peuvent libérer du cyanure et provoquer bave, gencives rouge brique et respiration laborieuse si un chat en avale un bon nombre.

Chiens Léger

Un chien devrait croquer un bon nombre de pépins avant de rencontrer un problème, puisque les pépins entiers traversent généralement sans encombre. Surveille la bave, les pupilles dilatées ou une respiration plus lourde après qu'un chien a mâché des trognons, et ramasse les fruits tombés au sol.

Chevaux Léger

Ce qu'il faut surveiller, ce sont les coings tombés au sol laissés dans un pâturage, car les chevaux peuvent avaler le fruit entier et broyer les pépins en mâchant. De grandes quantités de pépins broyés peuvent provoquer faiblesse, respiration rapide et gencives rouges, alors débarrasse les zones de pâturage des fruits tombés.

Lapins Léger

Tiens les trognons et les pépins hors de portée d'un lapin, car les pépins cyanogènes n'ont pas leur place dans son alimentation. Une petite bouchée de chair, cuite ou crue, ne fera aucun mal, mais ce sont les pépins qui présentent le risque.

Bétail Léger

Les chèvres, les moutons et les bovins peuvent s'attaquer aux fruits tombés et aux pépins qu'ils renferment, et c'est dans les pépins que se cache le cyanure. Ramasse les fruits tombés près des zones de pâturage pour que les animaux ne puissent pas se gaver d'un tas de pépins.

Oiseaux Léger

Les poules de basse-cour et les autres oiseaux peuvent picorer la chair tendre sans aucun problème. Ce sont les pépins qu'il faut écarter, alors évite de jeter des trognons ou des fruits fendus dans l'enclos.

Personnes Fruit cuit sans danger

Le cognassier cuit est un vrai régal en cuisine, devenant sucré et rosé en gelée et en membrillo, sans rien à craindre. Laisse simplement les pépins de côté, et apprends aux enfants à recracher les pépins durs plutôt que de les mâcher.

Tiens les pépins et les trognons à l'écart des animaux et des enfants ; la chair dure et astringente se mange cuite, et la gelée ou le membrillo qui en est fait est sans danger.

Numéros d'urgence

France

CNITV (animaux): 04 78 87 10 40

Centre antipoison (Paris): 01 40 05 48 48

Belgique

Centre Antipoisons: 070 245 245

Suisse

Tox Info Suisse: 145

Variétés

Seule une poignée de variétés de cognassier se retrouve dans les vergers familiaux, et la plupart méritent leur place surtout par la beauté de leur cuisson plutôt que par leur goût cru. Voici les noms à connaître.

Pineapple

Une variété californienne très appréciée, à la chair tendre et avec une pointe d'ananas dans sa saveur, ce qui en fait un choix si agréable pour la cuisine.

Smyrna

Porte de gros fruits richement parfumés qui s'attendrissent en quelque chose de merveilleux une fois passés à la casserole.

Orange

Aussi vendue sous le nom de coing pomme, cette ancienne variété fiable et appréciée porte des fruits ronds, jaune orangé, que les cuisiniers amateurs transforment en gelée depuis des générations.

Champion

Arrive tard avec de gros fruits en forme de poire et une saveur plus douce et plus délicate que la plupart des autres.

Comment multiplier

Comme les semis de cognassier ne reproduisent pas fidèlement leur plant parent, les jardiniers le multiplient plutôt par des moyens végétatifs. Chaque méthode ci-dessous te donne une copie fidèle de l'arbre que tu apprécies déjà.

GreffageModéré

Les variétés nommées de cognassier sont écussonnées ou greffées sur un porte-greffe plutôt qu'élevées à partir de graines, ce qui garantit la fidélité de leurs qualités. Le cognassier rend aussi la pareille au verger, servant souvent de porte-greffe nanisant apprécié pour les poiriers.

Boutures de tigeModéré

Prélève des boutures de bois dur sur l'arbre au repos en hiver, et avec un peu de patience elles s'enracinent et se développent en copies fidèles du plant parent.

MarcottageModéré

Fixe une branche basse au sol pour qu'elle s'enracine tout en restant reliée à l'arbre, ou recèpe la plante pour faire surgir plusieurs nouvelles pousses à la fois. Cette méthode ancienne et douce est celle par laquelle les pépinières constituent depuis longtemps leurs porte-greffes de cognassier.

Idées reçues

Idée reçue

Le cognassier et le cognassier du Japon ne font qu'un.

Réalité

Ils partagent un nom et bien peu d'autre chose. Le vrai cognassier est le petit arbre Cydonia oblonga, cultivé pour ses gros fruits dorés et parfumés, tandis que le cognassier du Japon est un arbuste ornemental différent, Chaenomeles, planté pour ses couleurs printanières spectaculaires et ses petits fruits durs. L'un mérite sa place en cuisine, l'autre dans le massif fleuri.

Idée reçue

On peut croquer un coing cru, cueilli directement sur l'arbre, comme une pomme.

Réalité

Goûte la plupart des coings crus et tu rencontreras une chair dure et acide qui fait grimacer. La cuisson est l'étape magique, elle fait ressortir le sucre et une belle teinte rosée profonde, et sa forte teneur en pectine est justement ce qui permet à la gelée et au membrillo de si bien prendre.

Sources