Légume · Brassicaceae

Chou collard

Brassica oleracea (Viridis Group)

Une culture feuillue patiente qui adore le gel, et qui continue de te nourrir bien après que tout le reste a discrètement abandonné pour l'année.

Lumière

Plein soleil

Arrosage

Tous les 3–⁠7 jours

Récolte

60–⁠80 jours

Rusticité

jusqu'à -46°C

Sans danger pour les animaux
Chou collard

Aperçu

Imagine un chou qui ne se donne jamais la peine de s'enrouler en boule, et tu obtiens un chou collard : un feuillage large aux tons ardoisés, récolté une poignée à la fois. Les cuisiniers et jardiniers du Sud comptent dessus depuis des générations, pourtant une parcelle froide du Nord lui convient tout aussi bien. Aucun autre membre de cette famille ne balaie un froid dur de fin d'automne comme le fait le chou collard, ce qui explique en partie pourquoi c'est une première culture si rassurante.

Son vrai cadeau pour un débutant, c'est la patience. Un soleil vif est idéal, une ombre tachetée est acceptée, et l'argile, le limon ou le sable deviennent tous un sol praticable une fois un peu de compost incorporé. Au-delà d'un arrosage régulier et d'un apport modeste d'azote, il ne demande presque rien. Prends les feuilles du bas les plus anciennes une fois que chacune a assez poussé pour valoir la peine, et le cœur continue de répondre par une nouvelle croissance mois après mois.

Garde le meilleur pour le temps froid. Loin de blesser une plante adulte, le gel fait remonter une douce sucrosité dans le feuillage et rehausse sa saveur. Longtemps après que les courges et les haricots ont capitulé, tu peux encore rapporter des feuilles à l'intérieur, et peu de choses renforcent la confiance d'un nouveau jardinier autant qu'une culture qui continue de donner quand l'hiver est pratiquement arrivé.

Entretien

La version courte : un endroit ensoleillé leur convient le mieux, mais ils pardonnent un peu d'ombre. Offre un sol riche qui draine tout en retenant l'humidité, arrose environ 2,5 cm par semaine, ajoute un peu d'azote pendant la croissance, prévois environ 45 cm par plant, et récolte de bas en haut. Les erreurs ici restent sans conséquence grave.

Lumière

Un ciel dégagé et le plein soleil te donnent les feuilles les plus rapides et les plus pleines, pourtant un coin partiellement ombragé n'est pas un désastre, et sous un climat étouffant, ce petit répit convient en fait bien à une culture prisée pour son feuillage. Offre l'endroit le plus lumineux que tu puisses raisonnablement trouver, et laisse tomber toute inquiétude qu'il doive être parfait.

Arrosage

Vise un sol qui reste régulièrement humide, l'équivalent d'environ 2,5 cm par semaine, en imbibant bien 15 cm de profondeur plutôt que de simplement mouiller la surface. Utilise le tuyau le matin pour que le feuillage sèche avant la nuit et que la maladie ne trouve aucune ouverture. Les massifs sablonneux à drainage rapide en demanderont plus souvent, et les périodes qui comptent le plus sont l'installation et, plus tard, le développement de la culture mature.

Sol

Il est le plus heureux dans un sol meuble et riche en matière organique qui draine librement, même si l'argile ou le sable feront l'affaire une fois du compost incorporé. Garde l'acidité modérée, idéalement entre 6,0 et 7,5, proche de la neutralité, et tu obtiens un bonus discret : cette plage rend la hernie du chou bien moins susceptible de s'installer.

Température

Peu de cultures sont aussi décontractées face au thermomètre, s'installant confortablement entre environ -5°C et 30°C. Une plante adulte affronte le gel, et même un léger gel dur, sans broncher, et ce petit coup de froid est précisément ce qui sucre les feuilles, donc un front froid annoncé est une vraie bonne nouvelle plutôt qu'une raison de s'alarmer.

Humidité

Aucun objectif à surveiller ici, car l'humidité que contient l'air libre leur suffit. Ce qui mérite vraiment de l'attention, c'est la brise : les feuilles entassées dans un air stagnant et moite sont celles qui succombent à la maladie, ce qui explique exactement pourquoi les espacer et arroser au niveau du sol valent le petit effort.

Fertilisation

Commence par incorporer un engrais de préplantation, guidé par une analyse de sol, puis reviens avec un apport latéral d'azote, du nitrate de calcium par exemple, environ 3 à 4 semaines après la plantation, en répétant l'opération une seule fois. Une nourriture régulière donne un flux régulier de feuilles, même si une touche légère te sert bien, car la pousse tendre qu'une fertilisation lourde force est exactement ce que les pucerons trouvent irrésistible.

Taille

Tu peux te passer entièrement du sécateur ; il n'y a rien ici qui ait besoin d'être taillé. Prends simplement les feuilles du bas à mesure qu'elles poussent assez pour être utilisées, et un flux régulier de nouvelle croissance continue de monter du centre, ou déterre le tout une fois mature. La seule petite tâche consiste à retirer toute feuille qui jaunit ou faiblit près de la base, et à le faire plus tôt que tard.

Taille et espacement

Attends-toi à une plante mature de 60 à 120 cm de hauteur et de 30 à 60 cm de largeur. Prévoir environ 45 cm d'espace pour chacune offre à l'air un passage dégagé dans le rang et prive les maladies foliaires des poches étouffantes et stagnantes qu'elles préfèrent.

Quand planter

Comme cette culture fonctionne au rythme du temps frais, tu bénéficies de deux fenêtres tranquilles chaque année. La première s'ouvre au début du printemps, dès qu'une fourche entre dans le sol sans résistance. La seconde arrive au milieu de l'été, te préparant pour l'automne et le début de l'hiver. Ce semis plus tardif tend à être le favori, puisque le froid qui suit ne fait qu'approfondir la saveur, alors plante en sachant que le temps joue en ta faveur.

Semis févr–mars
Plantation avr
Semis juin–juil
Récolte juin–déc

Mois typiques pour un climat tempéré : commencez plus tôt en zone chaude, plus tard là où les gelées de printemps persistent.

  • Semis: 6 à 8 semaines avant la date de repiquage printanière ; ressème à l'intérieur au début de l'été (juin) pour une récolte d'automne
  • Plantation: au début du printemps, dès que le sol est praticable, pour une culture de printemps ; du milieu à la fin de l'été pour une culture d'automne et de début d'hiver
  • Récolte: récolte les feuilles 60 à 80 jours après le semis ; la saveur s'adoucit après de légères gelées automnales, et les plants matures résistent aux gelées légères à modérées

Rusticité

Température: jusqu'à -46°C

Problèmes courants

Presque tout ce qui tourne mal avec un chou collard raconte l'une de ces deux histoires : des parasites qui grignotent en surface, ou un problème qui couve sous terre parmi les racines. La bonne nouvelle, c'est que presque tout se rattrape. Soulève quelques feuilles une fois par semaine, observe la posture de la plante, et tu repéreras les soucis tôt. Lis l'entrée correspondante ci-dessous et agis pendant que ça compte encore.

Grave

Des coins jaunes progressant vers l'intérieur depuis le bord de la feuille

Des triangles jaunes bordés de nervures noircies sont la marque de la pourriture noire, une infection bactérienne qu'aucun traitement ne peut inverser une fois installée, même si une action rapide épargne encore le reste de la plantation. Déterre chaque plante malade avec les débris autour d'elle, et évite de circuler dans la plantation quand le feuillage est mouillé pour ne pas la transporter de plante en plante. Repars propre au prochain cycle : graines certifiées exemptes de maladie, arrosage matinal bas, et une longue pause sans brassicacées sur ce terrain pendant plusieurs années.

Solution :

  • Retire et détruis les plantes infectées et les débris
  • Évite de travailler parmi les plantes mouillées
  • Il n'existe aucun remède une fois l'infection installée
Grave

Des plantes qui s'affaissent sous un soleil chaud alors que le sol reste détrempé

Si une plante faiblit et boude alors que le sol autour d'elle est clairement humide, déterre-la doucement et examine les racines ; des renflements noueux en forme de massue confirment la hernie du chou. Ces racines abîmées ne peuvent plus faire remonter l'eau, ce qui explique le flétrissement du dessus. Retire la coupable entièrement, racines comprises, et jette-la à la poubelle plutôt que de la laisser près du tas de compost. Accorde ensuite à ce terrain une longue pause sans brassicacées, au moins quatre ans, et rapproche le pH de la neutralité, car le problème s'accroche dans un sol acide.

Solution :

  • Retire et détruis les plantes infectées, racines comprises
  • Ne composte pas le matériel infecté
  • Ne replante pas de brassicacées dans le massif touché
Ralentissement

Des trous déchirés dans le feuillage, avec de minuscules déjections vertes éparpillées

Si tu repères des trous irréguliers et des points de frass vert, tu es face à l'une de trois chenilles vertes : la fausse-teigne du chou, la chenille arpenteuse du chou, ou la larve de la teigne des crucifères. Rassure-toi, car elles cèdent facilement. Écrase ou retire celles que tu trouves, puis vaporise du Bacillus thuringiensis sur le feuillage pour éliminer les traînardes. Le mieux reste la prévention : déploie un voile de forçage flottant le jour même de la plantation, empêchant les papillons blancs et les petits papillons de nuit gris de pondre le moindre œuf.

Solution :

  • Ramasse les chenilles à la main
  • Applique du Bacillus thuringiensis (Bt) sur le feuillage
  • Couvre les plants d'un voile de forçage flottant à la plantation pour empêcher les adultes de pondre
Ralentissement

Une nouvelle croissance devenue tordue, froissée et collante au toucher

Un feuillage tordu et gluant, avec de petits insectes mous entassés le long du dos des feuilles et dans les jeunes pousses froissées, est la signature des pucerons, occupés à boire la sève. Ils comptent parmi les parasites les plus faciles à éliminer. Un jet d'eau ferme en déloge la majorité, et un traitement complémentaire au savon insecticide termine le travail, à condition de bien mouiller ces dessous cachés. Évite aussi l'azote en excès, car la croissance luxuriante et précipitée qu'il déclenche est exactement ce qui les attire.

Solution :

  • Déloge-les avec un jet d'eau puissant
  • Applique du savon insecticide, en couvrant bien le dessous des feuilles
  • Retire les feuilles fortement infestées
Ralentissement

Une haute tige s'élève et la saveur des feuilles s'estompe

Ce que tu observes, c'est la montaison : la culture a abandonné la production de feuilles pour se précipiter vers la floraison, et cela ne dit rien de la qualité de tes soins. Deux choses la déclenchent : un jeune plant qui a traversé un froid prolongé puis a été frappé par la chaleur, ou un plant hiverné qui arrive simplement à sa deuxième année naturelle. Une fois que cette tige s'élève, impossible de la faire revenir, alors récolte les feuilles encore bonnes à manger et démarre un nouveau semis. Pour le printemps, choisis des cultivars résistants à la montaison et retiens les plants tant que le froid persistant n'a pas vraiment cédé.

Solution :

  • Récolte rapidement les feuilles encore utilisables
  • Retire la plante et ressème pour la saison suivante

Toxicité

Voici une inquiétude que tu peux simplement laisser de côté. C'est une nourriture simple et saine, sans aucun principe toxique digne de ce nom, et les autorités antipoison pour animaux comme l'ASPCA ne le mentionnent absolument pas dans leurs listes de dangers. Un massif de choux collards est une bonne compagnie pour les enfants, pour le chien et le chat, et pour toutes les créatures qui partagent le jardin. La seule réserve concerne les goitrogènes que porte tout parent du chou, et ceux-ci ne se manifestent qu'à d'énormes doses crues, disparaissant dès que les feuilles rencontrent la chaleur.

Sans danger pour

Personnes · Chats · Chiens · Chevaux · Lapins · Bétail · Oiseaux

Chats Sans danger

Rien dans un chou collard n'empoisonnera un chat ; il se situe fermement du côté sûr des listes de l'ASPCA. Une bouchée curieuse ne fait absolument aucun mal, même si, comme avec n'importe quel tas de légumes verts, une portion trop généreuse pourrait brièvement déranger l'estomac.

Chiens Sans danger

Les chiens ne rencontrent absolument aucune toxine dans ces feuilles. Cuites simplement, elles se retrouvent même dans quelques repas maison préparés pour les chiens. La seule réserve est un peu de gaz ou des selles plus molles que d'habitude si un chien engloutit une grosse portion crue.

Chevaux Sans danger

Un cheval ne subit aucun mal en broutant du chou collard. Comme pour le reste de la famille du chou, la voie sensée est de garder des portions modérées, épargnant à l'animal l'inconfort gazeux qu'une grosse portion de ces légumes verts peut apporter.

Lapins Sans danger

Ces feuilles conviennent parfaitement aux lapins et figurent régulièrement dans un assortiment équilibré de légumes verts frais pour eux. Comme toujours avec quelque chose de nouveau, introduis-les progressivement et sers-les comme un élément parmi plusieurs plutôt que comme le repas entier.

Bétail Sans danger

Les bovins, les moutons et les chèvres apprécient le chou collard comme culture de pâturage sans risque d'empoisonnement. La seule complication est qu'un excès soudain de brassicacée riche peut les ballonner, alors introduis-le progressivement.

Oiseaux Sans danger

La volaille et les autres oiseaux s'attaqueront au feuillage du chou collard avec un réel enthousiasme, et il fait office de collation saine. Suspends une feuille entière ou éparpille-la en petits morceaux et laisse-les picorer tout au long de la journée.

Personnes Sans danger

Pour les humains, c'est simplement un dîner, aussi bon cru que cuit, et inoffensif pour toute la maisonnée. Les goitrogènes familiers des brassicacées sont bien présents, mais ils n'entrent en jeu qu'à d'énormes volumes crus et disparaissent à la cuisson.

Aucune précaution de manipulation particulière. Comme les autres brassicacées, le chou collard contient des composés goitrogènes, une remarque diététique mineure en cas de consommation crue très élevée plutôt qu'un risque d'empoisonnement.

Variétés

Ce que tu trouveras va des variétés anciennes du Sud éprouvées par le temps aux hybrides récents sélectionnés pour résister au froid et à la montaison. Aucune d'entre elles ne punira un jardinier débutant. Voici celles que tu croiseras le plus probablement sur un présentoir de graines.

Georgia Southern

Un vieux favori du Sud qui hausse les épaules face à la chaleur, sautant complètement la pommaison pour simplement déployer une grande croissance ouverte à feuilles lâches.

Vates

Une variété ancienne soignée et fiable qui résiste à la montaison, appréciée pour sa forme nette et son feuillage bleu-vert lisse.

Morris Heading

Une variété ancienne hybride chou-collard dont les feuilles tendres se rassemblent en une tête souple et lâche au lieu de s'étaler à plat.

Champion

Une version affinée de la lignée Vates, sélectionnée pour une meilleure endurance au froid et une résistance plus ferme à la montaison.

Blue Max

Un hybride très productif, ses feuilles bleu-vert profondément gaufrées comme celles d'un chou de Milan.

Top Bunch

Un hybride rapide et uniforme, conçu pour être récolté feuille par feuille, encore et encore, tout au long de la saison.

Plantes compagnes

Le chou collard se porte mieux bien à l'écart de ses cousins de la famille du chou, qui s'échangent les mêmes parasites et maladies du sol.

Tenir à l'écart

d'autres brassicacées (chou, brocoli, chou frisé, choux de Bruxelles)

d'autres brassicacées (chou, brocoli, chou frisé, choux de Bruxelles): Ils partagent les mêmes ravageurs et maladies du sol comme la hernie du chou ; les services agricoles conseillent d'éviter de planter le chou collard là où une culture de la famille des brassicacées a poussé au cours des quatre dernières années

Comment multiplier

Il n'existe qu'une seule voie ici, et elle ne pourrait pas être plus accueillante : partir de graines. Sème-les directement là où les plants vivront, ou fais-en pousser une poignée en intérieur avant de les transplanter. Les deux fonctionnent, et les deux sont indulgentes envers un débutant.

SemisFacile

Sème directement au début du printemps ou au milieu de l'été pour une récolte d'automne ; ou démarre en intérieur 6 à 8 semaines avant la transplantation · Germe en environ 5 à 10 jours en sol frais ; prêt à transplanter en 4 à 6 semaines

La graine, c'est toute l'histoire, et elle pardonne facilement à un débutant. Éparpille-la directement là où le rang se tiendra, au début du printemps ou dans la chaleur de l'été pour une cueillette automnale, ou fais pousser des semis en intérieur une bonne 6 à 8 semaines avant de les sortir. Enterre chaque graine peu profondément, environ 0,6 à 1,3 cm, et dans un sol frais, les pointes vertes percent la surface en 5 à 10 jours, prêtes à bouger en 4 à 6 semaines. Démarre-les serrées, à environ 15 cm d'écart, et à mesure qu'elles se bousculent, récolte les jeunes plants excédentaires pour la cuisine jusqu'à ce que les plants gardés se trouvent à environ 45 cm les uns des autres.

Idées reçues

Idée reçue

Le chou collard appartient au Sud seul et n'a aucune chance dans le Nord.

Réalité

De toute la tribu du chou, c'est celui qui endure le froid le plus profond de fin d'automne, donc une parcelle nordique n'est absolument pas un obstacle. Des jardiniers dans l'Illinois et le Minnesota obtiennent de belles récoltes, cueillant des feuilles bien après que les premières gelées de la saison ont arrêté tout le reste.

Idée reçue

Le gel ruine le chou collard.

Réalité

La vérité va dans l'autre sens, ce qui est une belle chose à apprendre tôt. Une plante adulte encaisse le gel, et même des gelées modérées, sans problème, et l'arrivée d'un froid réel fait ressortir un goût plus sucré et plus fin dans les feuilles.

Sources