Arbre · Annonaceae
Asiminier
Asimina triloba
Le plus gros fruit indigène d'Amérique du Nord, onctueux comme une crème et au goût de banane et de mangue, mûrit sur un arbre que peu de jardiniers connaissent.
Plein soleil
Tous les 5–7 jours
jusqu'à -29°C
4,6–9,1 m

Aperçu
L'asiminier est le plus gros fruit indigène d'Amérique du Nord, et pourtant il reste un secret bien gardé dans la plupart des jardins. Il pousse à l'état sauvage en sous-bois dans les forêts de l'est, depuis les États du golfe du Mexique jusqu'au Canada, et il porte un fruit à la peau verte et tendre dont la chair crémeuse rappelle à la fois la banane et la mangue.
C'est un petit arbre sans hâte qui, à l'état sauvage, mûrit sa récolte à l'ombre d'arbres plus grands, même s'il fructifie mieux une fois arrivé en plein soleil. Ses fleurs ont une teinte bordeaux inhabituelle, s'ouvrant au début du printemps avant les feuilles, et elles attirent les mouches et les coléoptères plutôt que les abeilles. Cette petite particularité, plus que toute autre chose, détermine si tu obtiendras des fruits, alors il est utile de s'y préparer.
Planter un asiminier, c'est accueillir un arbre qui demande un peu de patience au départ et qui offre en retour un fruit que tu ne trouveras jamais en magasin. Il veut deux arbres non apparentés pour donner une récolte, une humidité régulière pendant son installation, et quelques années avant de porter des fruits. Après cela, il s'occupe presque tout seul de lui-même, et tu te sentiras pleinement à la hauteur en tant que jardinier.
Entretien
La version courte : offre-lui un sol profond, fertile et qui retient l'humidité, ainsi qu'un arrosage régulier pendant son installation, un peu d'ombre la première ou les deux premières années, puis du plein soleil pour les fruits les plus sucrés, et pense bien à ajouter un second arbre non apparenté pour permettre la pollinisation croisée des fleurs.
Lumière
Les jeunes asiminiers apprécient l'ombre pendant leur première ou leurs deux premières années, un peu comme le sous-bois où les jeunes plants démarrent naturellement. Une fois installé, l'arbre fructifie mieux en plein soleil, et il continuera, chose rassurante, à pousser et à porter des fruits même à mi-ombre ou à l'ombre complète.
Arrosage
L'asiminier s'épanouit dans un sol profond et uniformément humide qui draine tout de même bien, et il apprécie un arrosage régulier durant les deux premières années pendant que ses racines s'installent. Il accepte volontiers un sol humide de bord de rivière, mais ne supportera pas un sol lourd ou détrempé qui ne sèche jamais.
Sol
Offre-lui un loam profond, fertile et bien drainé qui retient l'humidité et penche légèrement vers l'acide, avec un pH de 5,5 à 7,0. Les deux seules choses qu'il refuse vraiment sont l'argile lourde et un sol qui reste humide en permanence, alors ce sont celles-là à éviter.
Température
L'asiminier est merveilleusement résistant au froid, rustique environ de -29 °C à 32 °C, et il a besoin d'un vrai froid hivernal pour bien fructifier. Surveille tout de même une gelée tardive sévère au début du printemps, car les jeunes fleurs peuvent en pâtir.
Humidité
Il penche vers l'humidité modérée à élevée de son aire d'origine à l'est, autour de 50 % à 80 %, ce qui se produit naturellement en extérieur dans ces régions. Il n'y a vraiment aucun chiffre précis à surveiller au jardin.
Fertilisation
Pendant qu'un jeune arbre s'installe, nourris-le avec un engrais équilibré comme du 20-20-20 toutes les deux semaines environ, du printemps au début de l'été. Réduis progressivement à mesure que l'arbre mûrit et adopte une croissance régulière.
Taille
Heureusement, l'asiminier demande très peu de taille. À la fin de l'hiver ou au début du printemps, retire les branches mortes, abîmées ou qui se croisent, et façonne la silhouette, puis arrache les rejets racinaires pour que l'arbre ne s'étale pas en fourré.
Rempotage
Non applicable ; cultivé en pleine terre comme arbre de jardin ou de verger, pas comme plante d'intérieur en pot
Taille et espacement
Un asiminier adulte atteint 4,5 à 9 m de hauteur pour un étalement à peu près équivalent, alors prévois-lui les mêmes 4,5 à 9 m d'espace. Garde à l'esprit qu'il se propage par rejets, alors laisser de la place pour la petite colonie qu'il souhaite former t'évitera bien des soucis plus tard.
Quand planter
L'asiminier suit le rythme paisible des bois tempérés, et c'est facile à suivre. Installe les arbres cultivés en conteneur au printemps au début de la nouvelle pousse, pour que la racine pivotante cassante ait toute la saison pour s'installer, profite des fleurs bordeaux qui s'ouvrent du début à la mi-printemps avant les feuilles, et récolte les fruits mûrs de la fin de l'été jusqu'à l'automne.
Mois typiques pour un climat tempéré : commencez plus tôt en zone chaude, plus tard là où les gelées de printemps persistent.
- Plantation: Au printemps, pendant la nouvelle croissance, en utilisant des plants en conteneur pour protéger la racine pivotante fragile
- Récolte: Fleurit du début à la mi printemps avant l'apparition des feuilles ; les fruits mûrissent de la fin de l'été au début de l'automne (environ août à octobre)
Rusticité
Température: jusqu'à -29°C
Problèmes courants
Rassure-toi : l'asiminier reste remarquablement épargné par les nuisibles et les maladies, alors la plupart des soucis tiennent à la pollinisation ou à une transplantation difficile plutôt qu'à des insectes. Compare ce que tu observes ci-dessous, et la cause est généralement claire. Interviens tôt et la solution reste simple et indulgente.
Les fleurs arrivent, mais presque aucun fruit ne suit
Essaie de ne pas t'inquiéter, car un arbre sans fruit pointe presque toujours vers la pollinisation, et rien de plus grave. L'asiminier est en grande partie auto-incompatible, et les abeilles délaissent ses fleurs, alors un seul arbre ou deux greffons du même cultivar donnent rarement une récolte. Offre-lui la compagnie de deux arbres non apparentés, et donne un coup de main à la pollinisation quand les mouches et les coléoptères se font rares.
Solution :
- Plante au moins deux cultivars différents ou des semis non apparentés ; pollinise à la main si l'activité naturelle des mouches et des coléoptères est faible
Un jeune arbre boude ou dépérit peu après la plantation
Ce problème surprend beaucoup de jardiniers de bonne volonté, alors ne te décourage pas. L'asiminier développe une longue racine pivotante charnue et cassante, presque sans radicelles fines, et il déteste vraiment être déterré puis déplacé, ce qui explique pourquoi les plants sauvages ou à racines nues échouent si souvent. Tu peux éviter ce problème en installant des plants cultivés en conteneur au printemps, au début de la nouvelle pousse, puis en offrant aux jeunes plants une ombre douce pendant un an ou deux le temps que les racines s'installent.
Solution :
- Utilise des plants cultivés en conteneur, transplante au printemps pendant la nouvelle pousse, et ombrage les jeunes plants pendant la première ou les deux premières années
Les pédoncules floraux se flétrissent et tombent avant toute nouaison
Si quelques fleurs tombent tôt, le coupable est généralement la noctuelle foreuse du pédoncule, dont les larves creusent des galeries dans les pédoncules floraux et mettent fin à la floraison avant qu'elle ne noue. La bonne nouvelle, c'est que les dégâts restent limités, alors pince simplement et détruis les pédoncules atteints et laisse les autres continuer. Ton arbre renferme aussi des acétogénines naturelles qui le gardent presque exempt de nuisibles le reste de la saison.
Solution :
- Tolère les dégâts mineurs ; retire et détruis les pédoncules floraux atteints ; les arbres restent par ailleurs presque exempts de nuisibles grâce aux acétogénines naturelles
Des feuilles tachetées ou un peu de grignotage sur les jeunes pousses
De temps à autre, un asiminier attrape la tache foliaire à Phyllosticta ou des champignons de fumagine, ou quelques feuilles se font grignoter par des larves de porte-queue zébré, des scarabées japonais ou des thrips. Cela paraît toujours plus grave que ce n'est en réalité, alors pas d'inquiétude. Le dégât reste esthétique et touche à peine ta récolte, donc aucun traitement n'est nécessaire, et les chenilles du porte-queue zébré ne laissent aucune trace durable.
Solution :
- Généralement esthétique et sans effet sur le rendement ; aucun traitement normalement nécessaire ; les larves de porte-queue zébré causent rarement des dégâts permanents
Toxicité
La chair mûre et pelée est un vrai régal, sans danger pour les humains, mais le reste de la plante ne se mange pas. Les graines et la peau renferment des acétogénines qui provoquent des troubles digestifs, et les feuilles, les rameaux et l'écorce contiennent des composés insecticides. Aucune donnée sur la toxicité pour les animaux de compagnie n'est disponible, alors il est sage de considérer les graines, la peau, le feuillage et les résidus de taille comme une précaution légère à prendre autour des animaux et des enfants.
Toxique pour
Chats · Chiens · Chevaux · Lapins · Bétail · Oiseaux
Sans danger pour
Personnes
Chats Prudence
Rien n'est répertorié spécifiquement pour les chats, alors un peu de prudence suffit largement. Comme les graines, la peau, les feuilles et les rameaux renferment des acétogénines pouvant perturber l'estomac, il est utile d'empêcher un chat curieux de mâcher un fruit tombé ou des résidus de taille.
Chiens Prudence
Un chien qui avale des graines, de la peau ou des feuilles mâchées pourrait saliver ou se sentir barbouillé à cause des acétogénines. La chair mûre est douce, mais il est plus sage de tenir le reste de la plante bien hors de portée.
Chevaux Prudence
Aucune donnée de pâturage n'existe pour les chevaux, alors la voie la plus sûre est aussi la plus simple ici. Les feuilles et les rameaux amers renferment des composés insecticides, et les clôturer vaut bien mieux que de les leur proposer.
Lapins Prudence
Mieux vaut que les lapins ne grignotent pas le feuillage, les graines ou la peau, car les acétogénines peuvent irriter un système digestif fragile. Une petite bouchée de pulpe mûre est la seule partie à considérer, et encore, rarement.
Bétail Prudence
Les bovins, les chèvres et les moutons laissent généralement les feuilles amères tranquilles, et cet instinct leur rend bien service. Débarrasser les pâturages des résidus de taille et des graines tombées garde tout le monde tranquille.
Oiseaux Prudence
À l'état sauvage, les oiseaux et les mammifères apprécient le fruit mûr et dispersent les graines, même si les graines et la peau ne sont pas à donner à un oiseau de compagnie. Un peu de pulpe mûre suffit amplement, si tu en partages.
Personnes Chair mûre sans danger
La chair mûre et pelée est un régal onctueux comme une crème, parfaitement sûr à savourer. Les graines et la peau, en revanche, renferment des acétogénines émétiques qui peuvent retourner l'estomac, et manipuler le fruit provoque chez certaines personnes une légère éruption cutanée.
Porte des gants pour la récolte si tu es sujet aux irritations cutanées ; ne mange pas et ne laisse pas les animaux ou les enfants mâcher les graines, la peau, les feuilles ou les rameaux.
Numéros d'urgence
Variétés
Les asiminiers sauvages varient beaucoup d'un arbre à l'autre, alors les sélectionneurs ont patiemment choisi les meilleurs pour la taille, la saveur et le peu de graines. Ces cultivars nommés sont ceux qui valent vraiment la peine d'être recherchés.
Shenandoah
Tu adoreras cette sélection de Peterson Pawpaws pour son gros fruit à peau jaune, sa chair couleur beurre, sa saveur douce et sucrée, et son peu de graines pour la taille du fruit.
Susquehanna
Une autre sélection de Peterson Pawpaws, qui séduit par son très gros fruit, sa chair épaisse, son peu de graines et sa saveur sucrée et riche.
Mango
Une sélection vigoureuse et productive qui porte des fruits ronds à la chair orangée et jaune bien agréable.
Sunflower
Un asiminier de grande taille et à maturation tardive, originaire de l'est du Kansas, et facile à apprécier.
Comment multiplier
Tu peux faire pousser un asiminier à partir de graine si tu as un peu de patience, et c'est une aventure gratifiante, même si un cultivar nommé ne reste fidèle à son type que par greffage.
SemisModéré
Faire pousser un asiminier à partir de graine est un projet patient et gratifiant. La graine a besoin de 90 à 120 jours de stratification froide et humide avant de germer, et les jeunes plants prennent leur temps au départ. Ils sont aussi génétiquement variables, alors un arbre issu de graine ne ressemblera pas à son cultivar parent, ce qui fait aussi tout le charme de l'aventure.
GreffageExigeant
Les cultivars nommés ne restent fidèles à leur type que par greffage, jamais par graine. Les producteurs unissent une bouture de la variété choisie à un porte-greffe issu de semis, par greffage en fente, en incrustation d'écorce, en anglaise ou en écusson, une étape technique qui récompense un bon moment et une main sûre, et qu'on maîtrise avec la pratique.
Idées reçues
Les asiminiers sont pollinisés par les abeilles.
Les fleurs dégagent une odeur discrète et aigre que les abeilles évitent volontiers, alors ne compte pas sur elles ici. Ce sont les mouches et les coléoptères qui font le vrai travail, attirés par cette odeur, ce qui explique pourquoi une rangée d'asiminiers reste silencieuse de tout bourdonnement même en pleine floraison.
Un seul arbre, ou deux du même cultivar greffé, te donneront une récolte complète.
Comme l'asiminier est en grande partie auto-incompatible, une fleur ne peut pas être fécondée par son propre pollen ou par un clone d'elle-même, alors un arbre isolé te laisse attendre. Il te faut deux arbres génétiquement différents pour une vraie récolte, c'est-à-dire deux semis ou deux cultivars distincts, jamais deux copies du même.
Le fruit entier est sûr à manger.
Seule la pulpe mûre a sa place dans ton assiette, alors prélève-la à la cuillère et mets le reste de côté. Les graines et la peau renferment des acétogénines qui peuvent retourner l'estomac, et une fois que tu le sais, savourer la chair tendre devient simple et sans souci.