Ornementale · Aristolochiaceae

Asaret du Canada

Asarum canadense

Un doux couvre-sol forestier qui ne demande que de l'ombre et une humidité constante pour s'installer et prospérer.

Lumière

Ombre totale

Arrosage

Tous les 3–⁠7 jours

Rusticité

jusqu'à -34°C

Taille adulte

15–⁠30 cm

Toxique pour les chats, chiens, chevaux et plus
Asaret du Canada

Aperçu

Si tu as un coin ombragé et humide où rien ne semble s'épanouir, l'asaret du Canada pourrait bien être la plante qui s'y installera enfin. C'est une vivace indigène basse et étalée des forêts de l'est, appréciée pour le doux tapis de feuilles velues en forme de cœur qu'elle étale sur le sol forestier. Son nom vient du rhizome, qui dégage un léger parfum de gingembre, bien que la plante appartienne à la famille des aristolochiacées et n'ait aucune parenté avec le gingembre de ta cuisine. Elle reste près du sol et dépasse rarement 15 à 30 cm, il n'y a donc rien à tuteurer ni à surveiller.

Au printemps, il te faudra peut-être t'agenouiller et écarter les feuilles pour découvrir sa surprise discrète, de petites fleurs en clochette brun-pourpre posées juste au niveau du sol. Ensuite, ce sont les fourmis qui prennent le relais, emportant les graines pour créer de nouvelles colonies, alors tu peux te détendre et laisser la plante se propager d'elle-même. Avec un sol correct et un peu de temps, une modeste plantation se tisse en une vaste colonie sans effort.

Considère-la comme un couvre-sol d'ombre fiable plutôt que comme une pièce maîtresse spectaculaire, et tu ne seras pas déçu. Offre-lui l'endroit humide, riche et tacheté de lumière où la pelouse et les fleurs plus capricieuses abandonnent, et elle se densifie un peu plus chaque saison. Une mise en garde se détache de toutes ces bonnes nouvelles : malgré la vieille habitude de faire sécher sa racine pour l'assaisonnement, aucune partie de l'asaret du Canada n'est comestible.

Entretien

La version courte : installe-le à l'ombre complète ou partielle, dans un sol riche et humifère, avec une humidité constante toute la saison, et tu le trouveras très indulgent, car son seul vrai point faible est la sécheresse.

Lumière

L'asaret du Canada se sent le plus à l'aise à l'ombre complète ou partielle, dans la lumière douce et tachetée sous une canopée d'arbres. Un peu de soleil matinal ou partiel convient tant que le sol reste humide, mais un soleil vif l'assèche rapidement et les feuilles en montrent les signes, alors privilégie l'ombre quand tu le peux.

Arrosage

Vise un sol constamment humide, car c'est la seule vraie exigence de l'asaret du Canada, et la sécheresse est son point faible. Arrose-le pendant les périodes sèches pour que le sol ne durcisse jamais, environ tous les 3 à 7 jours selon la chaleur et l'ombrage. Ne t'inquiète pas d'une flaque occasionnelle, il la supporte sans problème.

Sol

Plante-le dans un sol riche et humifère qui retient l'humidité tout en drainant, le genre de terre meuble et nourrie de feuilles que l'on trouve au sol d'une forêt. Il n'est pas exigeant sur l'acidité et s'installe volontiers avec un pH allant de 4,5 à 7,0, ce qui convient à la plupart des massifs ombragés.

Température

C'est une plante robuste et résistante au froid, qui traverse sans problème des hivers descendant jusqu'à environ -34 °C et des étés atteignant 29 °C, alors les saisons rudes n'ont pas à t'inquiéter. Ses feuilles caduques disparaissent d'elles-mêmes en automne et reviennent fidèlement chaque printemps.

Humidité

Il n'y a aucun taux d'humidité précis à viser, car l'air extérieur ordinaire lui convient très bien. Ce qui compte vraiment, c'est une humidité constante au niveau des racines et l'air frais et abrité d'un massif ombragé, deux choses faciles à offrir.

Fertilisation

Tu peux te détendre côté nourriture, car un sol forestier riche lui donne déjà l'essentiel de ce dont il a besoin. Un simple apport printanier de terreau de feuilles ou de compost en surface suffit amplement, nourrissant le sol lentement et rappelant la litière de feuilles au milieu de laquelle il pousse à l'état sauvage.

Taille

La taille entre à peine en ligne de compte, ce qui soulage le jardinier pressé. Retire les feuilles abîmées ou déchirées dès que tu les remarques, et laisse le reste dépérir naturellement à l'automne, puisque le feuillage est caduc.

Rempotage

Comme l'asaret du Canada pousse en pleine terre comme couvre-sol et non en pot, le rempotage est une corvée que tu peux oublier. Tous les quelques années, si une colonie s'encombre elle-même ou commence à s'éclaircir au centre, tu peux la déterrer et la diviser délicatement, puis replanter les morceaux pour qu'ils repartent.

Taille et espacement

Ce sont des plantes basses et discrètes qui restent autour de 15 à 30 cm de haut, chacune atteignant 15 à 45 cm de largeur. Espace-les en gardant cet étalement à l'esprit, et avec le temps elles se rejoindront en un doux tapis continu sans aucun effort de ta part.

Quand planter

Il n'y a ici ni précipitation ni fenêtre délicate à rater. Installe tes divisions au printemps ou en automne, pendant que le sol reste frais et humide, compte sur sa rusticité dans les zones 4 à 6, et guette ses fleurs discrètes qui s'ouvrent au ras du sol au début ou au milieu du printemps.

Planter mars–mai
Floraison avr–mai
Planter sept–oct

Mois typiques pour un climat tempéré : commencez plus tôt en zone chaude, plus tard là où les gelées de printemps persistent.

  • Plantation: Printemps ou automne
  • Récolte: Fleurs en clochette brun-pourpre au début ou au milieu du printemps (avril-mai), cachées au ras du sol sous le feuillage.

Rusticité

Température: jusqu'à -34°C

Problèmes courants

Heureusement, l'asaret du Canada te demande très peu et cause rarement du souci. Presque tout ce qui tourne mal se résume à des limaces dans l'ombre humide ou à un sol qu'on a laissé sécher, et ces deux problèmes sont faciles à repérer et à corriger une fois que tu sais quoi chercher.

Ralentissement

Le massif qui flétrit, jaunit et commence à décliner

Comme l'asaret du Canada tolère mal la sécheresse, un sol sec est la toute première chose à vérifier. Les plants s'affaissent et brunissent sur le pourtour des feuilles quand l'eau vient à manquer, et tu remarqueras que le déclin est toujours pire dans les coins les plus ensoleillés et les plus secs d'un massif. Arrose en profondeur pour rétablir l'humidité, dispose du terreau de feuilles autour des plants pour la retenir, et si le problème persiste, déplace la plantation vers un endroit plus ombragé et plus humide où elle pourra s'installer durablement.

Solution :

  • Arrose en profondeur pour rétablir une humidité uniforme du sol
  • Paille avec du terreau de feuilles ou du compost pour retenir l'humidité
  • Déplace-le vers un endroit plus ombragé et plus humide si nécessaire
Esthétique

Des feuilles qui présentent des trous irréguliers et rongés

Ne le prends pas personnellement, car il s'agit simplement du travail des limaces et escargots, qui se nourrissent le plus activement dans l'ombre humide et juste après la pluie. Cherche leurs traces de bave caractéristiques et regarde sous les feuilles après la tombée de la nuit, où ils aiment se cacher. Ramasse-les à la main le soir, dégage la litière de feuilles qui les abrite, et si le grignotage prend de l'avance, disperse un peu d'appât au phosphate de fer pour reprendre le contrôle.

Solution :

  • Ramasse les limaces et escargots à la main le soir
  • Retire la litière de feuilles et les débris qui les abritent
  • Utilise un appât anti-limaces au phosphate de fer si les dégâts sont importants
Esthétique

Une démangeaison ou une éruption après avoir touché le feuillage à mains nues

Chez certaines personnes, la peau réagit par une dermatite de contact après avoir frôlé le feuillage, se manifestant par des rougeurs ou des démangeaisons à l'endroit du contact. Le côté rassurant, c'est que cela se calme dès que le contact cesse. Lave la zone à l'eau et au savon pour soulager la sensation, et pense à porter des gants la prochaine fois que tu manipules ou divises la plante.

Solution :

  • Lave la peau affectée à l'eau et au savon
  • Porte des gants lorsque tu manipules ou divises la plante

Toxicité

Voici le seul point sur lequel il faut être ferme, même pour une plante aussi facile : garde absolument toutes ses parties hors de l'assiette. Elle contient dans son intégralité de l'acide aristolochique, un composé qui abîme les reins et un cancérigène reconnu, si bien que la vieille habitude d'assaisonner les plats avec sa racine ne vaut vraiment pas le risque. Tiens-la à l'écart des personnes, des animaux de compagnie et du bétail au pâturage, et enfile des gants avant de manipuler les feuilles, qui peuvent irriter légèrement une peau sensible.

Toxique pour

Chats · Chiens · Chevaux · Lapins · Bétail · Oiseaux · Personnes

Chats Prudence

Un chat curieux qui mâchouille les feuilles ou les racines peut baver et avoir l'estomac dérangé. Le vrai souci reste l'acide aristolochique présent dans chaque partie, qui malmène les reins, alors mieux vaut tenir les chats curieux bien à l'écart.

Chiens Prudence

Un chien qui la ronge finit généralement avec une bouche irritée et l'estomac barbouillé. Comme la plante contient de l'acide aristolochique, un toxique rénal reconnu, considère toute bouchée réelle comme une bonne raison d'appeler ton vétérinaire.

Chevaux Prudence

Les chevaux ont peu de raisons de la brouter dans les coins ombragés où elle pousse, mais l'acide aristolochique de ses feuilles et de ses racines est réellement néfaste pour les reins. Veille à ce qu'elle ne se retrouve ni dans leur pâturage ni dans leur foin, par sécurité.

Lapins Prudence

Ce n'est tout simplement pas une verdure à donner à un lapin. L'acide aristolochique présent dans chaque partie est un poison pour les reins, alors mieux vaut éviter même une petite bouchée.

Bétail Prudence

Les bovins, les chèvres et les moutons peuvent absorber le même acide aristolochique néfaste pour les reins s'ils la broutent. Clôture-la pour la tenir à l'écart des animaux au pâturage et exclus-la de tout fourrage coupé, et tout le monde reste en bonne santé.

Oiseaux Prudence

Les volailles et autres oiseaux ne doivent pas picorer les feuilles ni les rhizomes, qui contiennent l'acide aristolochique, cancérigène et toxique pour les reins. Il n'y a tout simplement aucune partie sûre à manger ici.

Personnes Prudence

Malgré la vieille habitude de l'utiliser comme assaisonnement, aucune partie de l'asaret du Canada n'est comestible. L'acide aristolochique qu'elle contient abîme les reins et est un cancérigène humain reconnu, et manipuler les feuilles peut aussi irriter une peau sensible.

Porte des gants lors de la manipulation, de la division ou de la taille pour éviter les irritations cutanées, et veille à ce que ni les personnes ni les animaux de compagnie ne consomment la plante ou ses racines.

Numéros d'urgence

France

CNITV (animaux): 04 78 87 10 40

Centre antipoison (Paris): 01 40 05 48 48

Belgique

Centre Antipoisons: 070 245 245

Suisse

Tox Info Suisse: 145

Variétés

Tu peux garder les choses simples ici, car l'asaret du Canada se cultive sous forme de l'espèce type. Il ne reste donc qu'une seule plante à connaître, ce qui simplifie le choix.

Asarum canadense (espèce)

C'est l'espèce indigène caduque que tu trouveras proposée à la vente, reconnaissable à ses feuilles velues en forme de cœur et à sa fleur en clochette brun-pourpre à trois lobes, cachée juste au niveau du sol.

Plantes compagnes

L'asaret du Canada s'associe naturellement aux autres plantes du sous-bois ombragé, les trilles, violettes et fougères qui recherchent le même sol humide, riche et tacheté de lumière.

Planter à proximité

Trille à grande fleurViolette pubescenteFougères et fleurs sauvages des sous-bois

Trille à grande fleur: Partage la même niche de sous-bois humide et ombragé et se naturalise bien aux côtés de l'asaret du Canada comme couvre-sol.

Violette pubescente: Compagne forestière indigène qui prospère dans les mêmes conditions de mi-ombre à ombre dense et de sol riche.

Fougères et fleurs sauvages des sous-bois: Se combinent bien dans les jardins d'ombre et de sous-bois, où l'asaret forme une couche de couvre-sol basse.

Comment multiplier

Multiplier l'asaret du Canada est vraiment gratifiant et se passe rarement mal, en grande partie parce qu'une plante bien installée fait l'essentiel du travail d'elle-même grâce à ses rhizomes rampants.

DivisionFacile

Printemps ou automne · Une à deux saisons de croissance

La division est la méthode la plus douce et la plus fiable pour multiplier l'asaret du Canada, et il est difficile de se tromper. Déterre une touffe bien installée au printemps ou en automne, puis sépare les rhizomes de façon à ce que chaque morceau conserve quelques bourgeons de croissance. Replante les divisions et elles prendront racine et se développeront sur les une à deux saisons de croissance suivantes.

MarcottageModéré

Saison de croissance · Une saison de croissance une fois enraciné

Ici, la plante fait tranquillement l'essentiel du travail pour toi. Ses rhizomes rampants s'enracinent en cheminant sur le sol tout au long de la saison de croissance, tissant peu à peu des colonies plus étendues. Une fois qu'un tronçon a pris racine, généralement en une seule saison, tu peux le couper et le déterrer comme une toute nouvelle plante.

SemisExigeant

Sème des graines fraîches de l'été à l'automne · Plusieurs années pour atteindre une taille de couvre-sol

Le semis est la voie lente et patiente, réservée aux moments où tu n'es pas pressé. Sème les graines fraîches de l'été à l'automne, car elles portent un élaiosome huileux que les fourmis récoltent et emportent à l'état sauvage. Attends-toi à ce qu'il faille plusieurs années avant qu'un massif semé ne devienne assez dense pour vraiment ressembler à un couvre-sol.

Idées reçues

Idée reçue

L'asaret du Canada serait un substitut sauvage sûr au gingembre de cuisine, car sa racine en a l'odeur et le goût.

Réalité

Aussi tentant que cela paraisse, Asarum canadense n'a aucune parenté avec le véritable gingembre et contient de l'acide aristolochique, un toxique rénal reconnu et un cancérigène connu. Autrefois, on faisait sécher la racine pour l'assaisonnement, mais cette vieille coutume ne la rend pas sûre aujourd'hui. Aucune partie de la plante ne doit être consommée.

Sources