Arbre · Juglandaceae

Pacanier

Carya illinoinensis

Offre-lui de l'espace, du plein soleil et un partenaire de pollinisation, et le pacanier ombragera ton jardin pour des générations.

Lumière

Plein soleil

Arrosage

Tous les 7–⁠14 jours

Rusticité

jusqu'à -23°C

Taille adulte

20–⁠40 m

Toxique pour les chats, chiens, chevaux et plus
Pacanier

Aperçu

Le pacanier est un arbre d'ombre à longue durée de vie qui t'offre en prime une récolte de noix, et il demande moins d'attention que sa taille ne le laisse croire. Il appartient à la famille du noyer et vient des vallées fluviales du centre-sud des États-Unis, où il déploie une large et haute canopée. En le plantant, tu plantes pour les décennies à venir, puisqu'un arbre en bonne santé peut vivre cent ans ou plus.

La première chose à prévoir, c'est simplement sa taille adulte, et c'est facile à bien anticiper. Un pacanier adulte atteint 20 à 40 m de hauteur avec un étalement comparable, alors il lui faut un terrain dégagé, bien à l'écart des maisons, des allées et des lignes électriques. Son bois est cassant et peut perdre des branches sous le givre et le vent, une bonne raison de plus de lui laisser de l'espace.

Les noix demandent un peu de patience et un partenaire, et rien là ne doit t'inquiéter. Le pacanier est pollinisé par le vent et échelonne son pollen et ses fleurs, si bien qu'un arbre isolé se pollinise mal lui-même, ce qui explique pourquoi deux cultivars compatibles produisent bien mieux ensemble. Ajoute son goût prononcé pour le zinc et le chemin tranquille vers une première récolte, et tu découvriras qu'un pacanier récompense le jardinier heureux de penser en années plutôt qu'en saisons.

Entretien

La version courte : offre-lui plein soleil et un sol profond et bien drainé, avec beaucoup de place pour un arbre imposant. Arrose en profondeur mais peu souvent, nourris-le en azote et en zinc pendant la saison de croissance, et plante un second cultivar à proximité pour assurer la pollinisation.

Lumière

Le pacanier veut du plein soleil pour bien produire, idéalement 8 heures ou plus par jour, et le lui offrir est la chose la plus généreuse que tu puisses faire. Un jeune arbre supporte un peu de mi-ombre, mais une ombre dense laisse une canopée clairsemée et peu de noix.

Arrosage

Arrose en profondeur mais peu souvent, en laissant la moitié supérieure de la zone racinaire sécher entre deux bons arrosages. Les jeunes arbres s'installent mieux avec un arrosage profond et régulier, et même un arbre adulte apprécie une longue boisson pendant le remplissage des noix et une sécheresse de fin d'été. Un arrosage superficiel et fréquent fait plus de mal que de bien, donc inutile de t'en soucier tous les jours.

Sol

Offre au pacanier un limon sablo-argileux profond, fertile et bien drainé et il sera comblé. Il supporte sans broncher une inondation occasionnelle mais pourrit dans l'eau stagnante, et il apprécie un pH compris entre 6,0 et 7,0, ce qui garde volontiers le zinc à portée des racines.

Température

Le pacanier supporte de larges écarts, d'environ -20°C à 40°C, ce qui lui convient parfaitement pour les longs étés chauds dont il a besoin pour mûrir ses noix. Cette grande tolérance au froid lui permet de traverser l'hiver sans risque une fois entré en dormance.

Humidité

Ces arbres se portent très bien entre 40 % et 70 % d'humidité, donc il n'y a vraiment aucun chiffre à viser en extérieur. Un air chaud et humide favorise en revanche la tavelure, c'est pourquoi une bonne circulation d'air et des cultivars résistants comptent bien plus que le taux lui-même.

Fertilisation

Nourris-le du début du printemps au début de l'été avec un engrais azoté équilibré, puis ajoute du zinc par le sol ou en pulvérisation foliaire. La carence en zinc est fréquente chez le pacanier et se traduit par des jeunes feuilles rosettées et froissées, alors l'intégrer à ta routine t'épargne ce souci.

Taille

Taille en fin d'hiver pendant que l'arbre est dormant, et fais simple. Forme un jeune arbre autour d'un tronc central unique et retire les branches qui se croisent, mortes ou faibles ; un arbre adulte n'a besoin de guère plus que d'un peu de bois mort à enlever.

Rempotage

Les pacaniers cultivés en pleine terre ne se rempotent pas, et une racine pivotante profonde les rend difficiles à déplacer, alors choisis l'emplacement avec soin. Transplante les jeunes sujets de pépinière une seule fois, pendant la dormance, et surveille chez les arbres en pot les racines qui s'enroulent, une croissance à l'arrêt, ou un substrat qui sèche trop vite.

Taille et espacement

Prévois un géant, et il t'en remerciera si tu lui laisses ses coudées franches. Un pacanier grimpe jusqu'à 20 à 40 m de hauteur avec un étalement de 12 à 23 m, alors installe-le bien à l'écart des bâtiments et des lignes, et confortablement éloigné des autres arbres.

Quand planter

Le pacanier se plante encore endormi, et le moment convient à peu près n'importe quand dans une bonne fenêtre. Installe les jeunes arbres dormants en fin d'hiver ou au tout début du printemps, une fois les plus fortes gelées passées, et les chatons suivront au printemps. Les noix arrivent plus tard, mûrissant sur l'arbre d'octobre à novembre.

Planter févr–mars
Floraison avr–mai
Récolte oct–nov

Mois typiques pour un climat tempéré : commencez plus tôt en zone chaude, plus tard là où les gelées de printemps persistent.

  • Plantation: de la fin de l'hiver au début du printemps pendant la dormance, après les pires gelées
  • Récolte: chatons et fleurs pollinisés par le vent au printemps ; les noix mûrissent et sont récoltées d'octobre à novembre

Rusticité

Température: jusqu'à -23°C

Problèmes courants

La plupart des soucis du pacanier tiennent à une maladie liée au temps humide, à un arbre affamé, ou à quelques insectes piqueurs-suceurs, et rien de tout cela ne doit t'inquiéter outre mesure. Repère les signes tôt sur les feuilles et les jeunes noix, et tu as toutes les chances d'intervenir avant qu'une récolte ne soit menacée. Retrouve ce que tu observes ci-dessous, puis agis tant que ton effort compte encore.

Grave

Des taches sombres et affaissées sur les feuilles et les brous, avec des jeunes noix qui tombent

Rassure-toi, car ce souci fréquent porte un nom clair et une solution claire : c'est la tavelure du pacanier, un champignon qui prospère dans l'air chaud et humide et qui gêne surtout les cultivateurs du Sud-Est humide. Tu peux garder une longueur d'avance en respectant un programme fongicide préventif, en aérant la canopée par un espacement et une taille sensés, et en misant sur des cultivars résistants à la tavelure là où les étés deviennent lourds.

Solution :

  • Applique les fongicides recommandés selon un programme préventif pendant la saison de croissance
  • Améliore la circulation de l'air par un espacement et une taille adaptés
  • Plante des cultivars résistants à la tavelure dans les régions humides
Ralentissement

Des jeunes feuilles froissées et tachetées de jaune, serrées en petites rosettes

Ne t'inquiète pas, cela signifie simplement que ton arbre manque de zinc, une carence qui apparaît volontiers sur les sols sableux ou à pH élevé et qui froisse les jeunes pousses en touffes serrées et bronzées aux extrémités. Une pulvérisation foliaire de zinc sur les jeunes feuilles au printemps te remet sur la bonne voie, et corriger le sol selon une analyse aide sur le long terme. Maintenir le sol proche d'un pH de 6 à 6,5 aide doucement les racines à absorber le zinc par elles-mêmes.

Solution :

  • Applique des pulvérisations foliaires de zinc sur la nouvelle croissance au printemps
  • Corrige le zinc du sol selon les recommandations d'une analyse de sol
Ralentissement

Des feuilles collantes, un film noir de fumagine, et un feuillage qui tombe trop tôt

Cela paraît inquiétant mais ruine rarement un arbre : les pucerons du pacanier se rassemblent sous les feuilles et arrosent tout ce qui se trouve en dessous d'un miellat collant qui noircit en fumagine. La plupart des saisons, les coccinelles et les chrysopes s'en chargent pour toi, alors garde un insecticide ciblé pour les rares moments où les populations grimpent assez pour dénuder les feuilles. Réduire l'azote limite cette pousse tendre et jeune que les pucerons affectionnent tant.

Solution :

  • Favorise les prédateurs naturels comme les coccinelles et les chrysopes
  • N'utilise des insecticides ciblés que lorsque les populations deviennent réellement dommageables

Toxicité

Les cerneaux de pacane sont un aliment sûr et très apprécié pour les humains, et l'arbre lui-même présente assez peu de risques, alors tu peux te détendre à ce sujet. Le seul point à surveiller, ce sont les noix tombées et moisies, qui peuvent contenir des mycotoxines provoquant des tremblements, ainsi que la richesse en matières grasses des noix entières, qui peut perturber l'estomac d'un animal. Ramasse les noix tombées et empêche tes animaux d'y accéder, et cette inquiétude s'efface presque entièrement.

Toxique pour

Chats · Chiens · Chevaux · Lapins · Bétail · Oiseaux

Sans danger pour

Personnes

Chats Léger

Si un chat curieux grignote une noix tombée, la richesse en matières grasses peut lui perturber un peu l'estomac. Ce qui mérite vraiment ton attention, c'est une noix moisie, car les mycotoxines qu'elle contient peuvent provoquer des tremblements ou pire.

Chiens Léger

De tous les membres de la maisonnée, le chien est celui le plus tenté de traquer les noix tombées, et cette forte teneur en matières grasses peut entraîner vomissements ou diarrhée. Surveille avec attention tout tremblement ou démarche chancelante, car ces signes indiquent une noix moisie et un appel au vétérinaire.

Chevaux Léger

Les noix fraîches et les feuilles causent rarement un vrai souci à un cheval, pourtant les noix tombées et moisies qui se glissent dans le fourrage ou le pâturage peuvent porter les mêmes mycotoxines provoquant des tremblements. Nettoyer le sol sous l'arbre là où paissent les chevaux tient cette petite inquiétude à distance.

Lapins Léger

L'intestin d'un lapin est fait pour les légumes verts plutôt que pour les noix grasses, alors même un seul cerneau frais peut perturber sa digestion. Mieux vaut ne pas proposer de pacanes en friandise et garder les noix tombées et moisies hors de portée.

Bétail Léger

Les bovins, les chèvres et les moutons qui paissent sous la canopée peuvent ramasser des noix tombées et moisies, et ce sont les toxines de la moisissure, plutôt que l'arbre lui-même, qui justifient la prudence. Ramasser les noix tombées sur les zones de pâturage règle la question.

Oiseaux Léger

Les poules de basse-cour peuvent picorer sans problème des noix fendues au sol, même si les noix moisies portent le même risque de mycotoxine. Un petit ramassage des noix tombées évite que quoi que ce soit de pourri ne soit mangé.

Personnes Sans danger

Les cerneaux de pacane bien mûrs sont un aliment très apprécié et parfaitement sûr pour toi. Évite simplement toute noix devenue moisie au sol, et tiens-la éloignée de tes animaux.

Garde les noix tombées ramassées pour que les animaux ne puissent pas fouiller celles qui sont moisies ; les cerneaux frais ne sont pas considérés comme très toxiques, mais leur forte teneur en matières grasses et le risque d'obstruction les rendent inadaptés comme friandise pour animaux.

Numéros d'urgence

France

CNITV (animaux): 04 78 87 10 40

Centre antipoison (Paris): 01 40 05 48 48

Belgique

Centre Antipoisons: 070 245 245

Suisse

Tox Info Suisse: 145

Variétés

Les cultivars de pacanier se distinguent par le moment où ils libèrent leur pollen et leur résistance à la tavelure, et en connaître quelques-uns fait déjà la moitié du plaisir. Voici les noms que tu croiseras le plus souvent, et c'est en associant deux d'entre eux que tu obtiens vraiment une belle récolte.

Pawnee

Un cultivar de type I précoce, un choix rassurant pour les cultivateurs installés à la lisière fraîche et septentrionale des régions à pacanier.

Desirable

Un cultivar de type II apprécié pour ses grosses noix de premier choix, bien qu'il attrape assez facilement la tavelure dans les régions humides.

Elliott

Un cultivar de type II sur lequel les jardiniers du Sud-Est humide comptent pour sa résistance fiable à la tavelure.

Stuart

Un cultivar de type II ancien et largement planté, réputé pour ses récoltes régulières et sa tolérance raisonnable à la tavelure.

Plantes compagnes

Planter à proximité

Trèfle incarnat ou autres engrais verts légumineux

Trèfle incarnat ou autres engrais verts légumineux: Les couverts végétaux entre les rangs apportent de l'azote, réduisent l'érosion et soutiennent les insectes utiles dans les vergers.

Tenir à l'écart

Tomate: Le pacanier produit de la juglone (plus faible que celle du noyer noir), qui peut stresser les plantes sensibles à la juglone comme la tomate cultivée directement sous le houppier.

Comment multiplier

Tu ne cultiveras pas un cultivar nommé à partir d'une noix semée, et mieux vaut le savoir avant de commencer. Les cultivars sont greffés sur un porte-greffe issu de semis, et le semis lui-même sert surtout à produire ce porte-greffe.

GreffageExigeant

De la fin de l'hiver au printemps pour le greffage en fente et en incrustation, ou en écussonnage en été · Les cultivars nommés sont greffés sur porte-greffe issu de semis et commencent à produire en environ 4 à 8 ans

Les pacaniers nommés ne se reproduisent pas fidèlement à partir d'une noix semée, alors les cultivateurs les greffent ou les écussonnent sur un porte-greffe robuste issu de semis. Fais les greffes en fente et en incrustation de la fin de l'hiver au printemps, ou essaie l'écussonnage en été, et un arbre greffé récompense ta patience avec ses premières noix en environ 4 à 8 ans.

SemisModéré

Stratifie les noix pendant l'hiver et sème au printemps · Les semis servent surtout de porte-greffe ; les arbres issus de semis sont variables et produisent après de nombreuses années

Partir de la graine est une façon de produire un porte-greffe plutôt que de reproduire un cultivar nommé, alors garde des attentes modestes. Mets les noix au froid pendant l'hiver puis sème-les au printemps, en sachant que les arbres issus de semis se révèlent variables et te feront attendre de nombreuses années avant de donner des noix.

Idées reçues

Idée reçue

Un seul pacanier produira fidèlement à lui seul.

Réalité

C'est facile à croire, mais le pacanier est pollinisé par le vent et échelonne son calendrier, si bien qu'un arbre de type I libère son pollen avant que ses propres fleurs ne soient prêtes, tandis qu'un arbre de type II fait exactement l'inverse. Plante les deux types côte à côte et la pollinisation croisée fait grimper ta récolte bien au-delà de ce qu'un arbre isolé peut donner.

Idée reçue

Toutes les pacanes sont dangereusement toxiques pour les chiens.

Réalité

Tu peux laisser cette crainte de côté, car les cerneaux frais ne sont pas très toxiques, même si une noix entière peut perturber l'estomac ou provoquer une obstruction, et reste très riche en matières grasses. Le vrai danger vient des noix moisies, qui peuvent contenir des mycotoxines provoquant des tremblements, alors la réponse tout en douceur consiste simplement à ramasser les noix tombées plutôt qu'à craindre l'arbre.

Sources