Arbre · Cupressaceae
Métaséquoia
Metasequoia glyptostroboides
Un fossile vivant qui se pare de roux bronze chaque automne et grandit assez vite pour qu'on le voie faire.
Plein soleil
Tous les 3–10 jours
jusqu'à -34°C
21,3–30,5 m

Aperçu
Peu de plantes ont un retour aussi spectaculaire que le métaséquoia, et cette histoire en fait un arbre merveilleux à cultiver. Pendant longtemps, les botanistes ne le connaissaient que par des fossiles, jusqu'à ce que des arbres vivants soient découverts dans le centre de la Chine dans les années 1940, et les graines de ces survivants l'ont fait entrer dans les jardins du monde tempéré. C'est cette chose rare, un conifère caduc, qui porte de douces aiguilles vertes tout l'été avant de les laisser tomber à l'automne.
Offre-lui de l'espace et il te le rendra vite. L'arbre grimpe à un rythme soutenu vers une élégante forme pyramidale menée par une seule tige droite, et un sujet âgé peut atteindre 21 à 30 m au-dessus d'un large tronc cannelé et contreforté. Toute cette vitesse et cette taille en font un choix délicat pour un petit jardin, mais un excellent pour un parc, le bord d'un étang ou une pelouse dégagée où il a la place d'être lui-même.
C'est en automne qu'il brille vraiment. Juste avant que les aiguilles ne tombent, toute la ramure s'embrase d'un doux roux bronze à orangé, une couleur que très peu de conifères peuvent offrir. Le reste de l'année, il ne te demande presque rien, tant que le sol reste humide et légèrement acide.
Entretien
La version courte : offre-lui plein soleil et un sol profond, humide et légèrement acide, laisse-lui beaucoup de place pour un grand arbre à croissance rapide, et maintiens un arrosage régulier tant qu'il est jeune et pendant toute sécheresse. Avec ça, tu verras que c'est un arbre indulgent à cultiver.
Lumière
Installe-le en plein soleil pour la plus belle forme et la plus belle couleur, même s'il accepte sans broncher un peu d'ombre l'après-midi. Privé de lumière, il pousse chétif et lentement, et ne prend jamais cette silhouette pyramidale nette qui fait sa réputation, alors un emplacement lumineux en vaut vraiment la peine.
Arrosage
C'est un arbre qui aime avoir les pieds humides. Garde un sol profond et constamment humide, et il supportera même un terrain marécageux ou détrempé. Arrose-le fidèlement tant qu'il est jeune et pendant toute sécheresse, car une longue période sèche est la seule chose qu'il ne pardonne pas.
Sol
Offre-lui un sol profond, humide, riche en humus et acide qui draine tout de même librement. Il s'accommode facilement de l'argile et des sites humides, mais il jaunit et devient chlorotique sur un sol mince reposant sur la roche ou sur un sol alcalin à pH élevé. Vise un pH de 5,0 à 6,5 et il te le rendra bien.
Température
C'est un arbre résistant sur une large amplitude, à l'aise dans les zones 4 à 8, supportant un froid allant jusqu'à environ -34°C et une chaleur estivale proche de 38°C. Son seul moment de fragilité, c'est la pousse précoce du printemps, quand un gel tardif peut pincer les jeunes pousses.
Humidité
L'air extérieur ordinaire lui convient parfaitement, donc aucun chiffre d'humidité à viser. Ce qui compte vraiment pour lui, c'est une humidité constante au niveau des racines, pas dans l'air qui l'entoure.
Fertilisation
Dans un sol convenable, il demande à peine d'être nourri. Si la croissance semble lente, incorpore au sol un engrais équilibré à libération lente pour arbres en début de printemps, et n'hésite pas à sauter complètement la fertilisation là où le sol est déjà riche.
Taille
Il y a peu de taille à faire, car l'arbre façonne lui-même sa forme pyramidale robuste autour d'une seule flèche centrale. Pendant qu'il est au repos en fin d'hiver, retire simplement les flèches mortes, abîmées ou concurrentes pour préserver ce contour net.
Rempotage
Rappelle-toi que c'est un arbre de plein air, pas fait pour rester longtemps en pot. Les sujets de pépinière ou de bonsaï se rempotent tous les 2 à 3 ans en début de printemps, et tu sauras que le moment est venu quand les racines s'enroulent dans le pot, sortent par les trous de drainage, et que la croissance stagne et jaunit.
Taille et espacement
Prévois quelque chose de grandiose. Un arbre adulte s'élève à 21 à 30 m de hauteur et s'étale sur 4,5 à 7,5 m, alors installe-le bien à l'écart des bâtiments, des fondations et des surfaces pavées, et laisse aux racines un terrain dégagé à conquérir.
Quand planter
Tu planteras le métaséquoia plutôt que de le semer directement en place, et il se plaît dans les zones 4 à 8. Démarre les graines stratifiées à l'intérieur en fin d'hiver, puis installe les jeunes arbres dehors au printemps une fois les gelées passées, ou plante-les en début d'automne. Pas de fleur à attendre ici, juste ce feuillage roux bronze qui clôt doucement chaque automne.
Mois typiques pour un climat tempéré : commencez plus tôt en zone chaude, plus tard là où les gelées de printemps persistent.
- Semis: Fin de l'hiver au début du printemps (graine stratifiée, 8 à 10 semaines avant la dernière gelée)
- Plantation: Au printemps après la dernière gelée, ou au début de l'automne
- Récolte: Ne fleurit pas ; feuillage automnal roux bronze à orange avant la chute des aiguilles
Rusticité
Température: jusqu'à -34°C
Problèmes courants
Un métaséquoia en bonne santé te donne très peu de soucis, et les rares problèmes qui apparaissent viennent presque toujours d'un stress ou d'un sol inadapté, deux choses que tu peux corriger. Surveille les aiguilles et les jeunes pousses, car ce sont elles qui signalent les premiers ennuis. Trouve ce qui correspond ci-dessous et interviens tôt, pendant que ça compte encore le plus.
Quand les jeunes pousses pâlissent mais que les nervures restent vertes
Quand les feuilles les plus jeunes pâlissent alors que les nervures restent vertes, c'est le signe d'une chlorose, et c'est tout à fait réparable. Ce qui se passe, c'est que le fer reste piégé dans un sol à pH élevé ou trop mince au-dessus de la roche, si bien que l'arbre ne peut pas y accéder. Un test rapide du pH du sol confirme la cause. Pour une solution durable mais lente, fais glisser le pH vers un peu plus d'acidité avec du soufre élémentaire, puis utilise du fer chélaté quand tu veux reverdir rapidement le feuillage. Une couche de paillis approfondit et rafraîchit la zone racinaire, ce qui aide l'arbre à s'aider lui-même.
Solution :
- Tester puis abaisser le pH du sol vers une légère acidité avec du soufre élémentaire
- Appliquer du fer chélaté pour reverdir le feuillage à court terme
- Pailler et améliorer la profondeur et l'humidité du sol au-dessus de la zone racinaire
Quand des chancres enfoncés se forment et que la croissance dépérit au-delà
Une écorce enfoncée, fissurée et décolorée, avec une croissance morte au-delà de la zone touchée, révèle un chancre fongique, qui apparaît presque toujours après que l'arbre a traversé une épreuve comme la sécheresse, le gel ou une blessure. Pas de panique, car c'est gérable. Retire le bois atteint en coupant bien en dessous de la lésion, et désinfecte tes outils entre chaque coupe pour ne pas propager le problème. La solution durable, c'est un entretien attentif : un arbre maintenu régulièrement humide et paillé reste assez vigoureux pour que les chancres s'y installent rarement.
Solution :
- Tailler le bois atteint bien en dessous de la lésion, en désinfectant les outils entre chaque coupe
- Améliorer les conditions de culture pour réduire le stress
- Maintenir l'arbre correctement arrosé et paillé
Quand les aiguilles se tachettent et bronzent avec un peu de toile
Si tu remarques des aiguilles tachetées et bronzées parcourues de fines toiles, respire un bon coup, car ce sont simplement des acariens et l'arbre s'en remettra. Ils arrivent en général pendant les périodes chaudes et sèches, souvent quand un arbre a déjà soif. Pour t'en assurer, tiens une feuille blanche sous une branche, tapote-la, et observe si de minuscules points bougent, puis regarde le dessous des aiguilles pour repérer les toiles. Un jet d'eau ferme en délogera la plupart, et un savon insecticide ou une huile horticole s'occupera du reste si besoin. Maintiens les racines arrosées et paillées pour supprimer le stress qui les a attirés au départ.
Solution :
- Pulvériser le feuillage avec un jet d'eau puissant pour déloger les acariens
- Appliquer un savon insecticide ou une huile horticole sur le feuillage atteint
- Maintenir l'arbre bien arrosé et paillé pour réduire le stress hydrique
Quand le feuillage semble dentelé et rongé en début d'été
Des coléoptères brillants vert et cuivre rassemblés sur un feuillage dentelé et transparent sont des scarabées japonais, un visiteur estival familier de cet arbre. La solution la plus simple est aussi la plus douce : dans la fraîcheur du petit matin, quand ils sont engourdis, ramasse-les à la main dans un bol d'eau savonneuse. Garde un insecticide homologué pour les rares invasions massives qui le justifient vraiment. Essaie de ne pas t'inquiéter pour quelques dégâts légers, car les morsures modérées ont l'air bien pires qu'elles ne le sont, et un arbre établi les encaisse sans problème.
Solution :
- Ramasser les scarabées à la main dans de l'eau savonneuse tôt le matin
- Traiter les infestations importantes avec un insecticide homologué si nécessaire
- Tolérer les morsures légères, qui nuisent rarement à un arbre établi
Quand un gel printanier noircit les jeunes pousses
Comme le métaséquoia se réveille tôt dans la saison, un gel tardif de printemps peut brûler les pousses les plus jeunes alors que le bois plus âgé reste parfaitement indemne. Cela paraît inquiétant mais c'est rarement grave. Une fois que la croissance reprend, coupe les pointes mortes, et l'arbre produit presque toujours une nouvelle vague de pousses pour les remplacer. Choisir un emplacement à l'écart des creux où l'air froid stagne évite que cela ne se reproduise l'année suivante.
Solution :
- Tailler les pousses mortes tuées par le gel une fois la croissance reprise
- Laisser l'arbre produire une seconde vague de pousses, ce qu'il fait généralement
- Éviter de planter dans les creux propices au gel
Toxicité
Voici de quoi te rassurer si tu partages ta maison avec des animaux : le métaséquoia est non toxique pour les animaux de compagnie, le bétail ou les personnes. Il ne figure pas sur la liste des plantes nocives de l'ASPCA, et le pire qu'une bouchée curieuse puisse causer est un léger trouble digestif dû à un excès de verdure. Plante-le librement, sans t'inquiéter de qui pourrait passer dessous.
Sans danger pour
Personnes · Chats · Chiens · Chevaux · Lapins · Bétail · Oiseaux
Chats Aucun
Tu peux te détendre avec les chats, car les aiguilles ne contiennent rien de toxique. Si un chat abuse d'un peu de verdure, quelle qu'elle soit, tu pourrais tout au plus voir un léger trouble digestif passager, et ça s'arrête là.
Chiens Aucun
Rien ici ne pose problème aux chiens, alors une bouchée curieuse n'est pas une raison de s'inquiéter. Une grosse bouchée de feuillage peut entraîner des selles molles, ce qui est vrai pour la plupart des plantes.
Chevaux Aucun
Les chevaux ne courent aucun danger avec cet arbre. Ces aiguilles douces et plumeuses ne contiennent rien de nocif, donc une branche basse broutée par un cheval au pâturage ne pose aucun problème.
Lapins Aucun
Les lapins sont tout à fait en sécurité avec lui. Les aiguilles tombées ou les jeunes pousses basses font un grignotage sans danger, sans aucun risque toxique.
Bétail Aucun
Les bovins, les chèvres et les moutons peuvent brouter le feuillage librement, sans aucun risque d'empoisonnement à craindre.
Oiseaux Aucun
Les oiseaux n'ont rien à craindre de lui, qu'ils s'y perchent, y nichent ou picorent ses cônes.
Personnes Aucun
Les personnes aussi sont en sécurité avec lui, et aucune partie de l'arbre ne demande une manipulation prudente. Il n'est simplement pas cultivé pour être mangé, donc rien dessus ne vaut la peine d'être goûté.
Aucune précaution particulière de manipulation n'est nécessaire ; c'est un arbre d'extérieur pour le paysage.
Variétés
La plupart des métaséquoias en vente sont l'espèce type, mais quelques sélections méritent le détour pour leur couleur ou leur forme. Voici celles qu'il est utile de connaître par leur nom.
'Gold Rush' ('Ogon')
Son feuillage doux et plumeux reste d'un jaune doré éclatant tout au long de l'été, puis vire à l'orange brun en automne, et il pousse plus doucement que l'espèce ordinaire.
'National'
Une forme remarquablement fine et colonnaire, sélectionnée en 1958 au U.S. National Arboretum pour son port pyramidal serré.
'Miss Grace'
Un nain pleureur rare dont les branches retombent vers le sol, restant bas et arrondi à moins de le tuteurer pour qu'il pousse droit.
Comment multiplier
Le métaséquoia se prête volontiers à la multiplication, que tu démarres avec des graines stratifiées au froid ou que tu enracines une bouture d'un arbre que tu aimes déjà.
SemisModéré
De la fin de l'hiver au printemps, après stratification au froid · 1 à 2 ans pour obtenir un jeune plant robuste
Arbre connu uniquement par des fossiles jusqu'à ce que des sujets vivants soient découverts en Chine dans les années 1940, le métaséquoia se laisse étonnamment bien semer une fois que la graine a reçu son froid de stratification. Sème de la fin de l'hiver au printemps, puis laisse-lui 1 à 2 ans pour devenir un jeune plant robuste, et tu le trouveras indulgent en chemin.
Boutures de tigeFacile
Boutures herbacées au début de l'été ou boutures ligneuses de la fin de l'automne à l'hiver · 2 à 4 mois pour raciner, puis une saison pour s'établir
Le bouturage est la voie la plus fiable, et une bonne façon de se lancer pour un premier essai. Prélève des boutures herbacées au début de l'été, ou des boutures ligneuses de la fin de l'automne à l'hiver, et la plupart racinent en environ 2 à 4 mois avant d'avoir besoin d'une saison complète pour s'installer.
Idées reçues
Le métaséquoia n'est qu'un autre nom pour le cyprès chauve ou le séquoia côtier persistant.
Le métaséquoia se distingue clairement en tant que Metasequoia glyptostroboides, et quelques traits simples permettent de le reconnaître. Observe comment ses aiguilles s'organisent par paires opposées, alors que le cyprès chauve, qui lui ressemble, dispose les siennes en alternance et fait surgir des genoux ligneux hors de l'eau stagnante. Contrairement au séquoia côtier persistant, le métaséquoia est caduc, et laisse tomber ses aiguilles chaque automne une fois qu'elles ont pris leur teinte roux bronze.