Arbuste · Caprifoliaceae

Camérisier

Lonicera caerulea

Installe deux cultivars côte à côte et tu récolteras la toute première baie de l'année, sucrée-acidulée et résistante au gel.

Lumière

Plein soleil

Arrosage

Tous les 5–⁠7 jours

Rusticité

jusqu'à -46°C

Taille adulte

1,2–⁠1,8 m

Sans danger pour les animaux
Camérisier

Aperçu

Le camérisier, aussi appelé haskap, est le chèvrefeuille à fruits comestibles, et ses longues baies bleues sont généralement le tout premier fruit que tu cueilles chaque année. Il appartient à la famille du chèvrefeuille et pousse à l'état sauvage le long des berges de rivières et des sols humides du nord, il préférera donc toujours une humidité constante à un coin sec. Sa saveur se situe quelque part entre la myrtille et la framboise, délicieuse tout juste cueillie ou congelée pour plus tard.

Le vrai cadeau de cet arbuste, c'est sa robustesse, ce qui en fait un choix merveilleusement indulgent pour un premier arbuste. Le bois résiste jusqu'à -45°C, et les fleurs précoces résistent au gel jusqu'à environ -7°C, si bien qu'un coup de froid tardif te prive rarement de la récolte. Il n'est pas exigeant côté sol non plus, à l'aise depuis un sol acide jusqu'à des massifs calcaires, un vrai soulagement après le myrtillier capricieux.

La seule faveur qu'il demande, c'est de la compagnie, et une fois que tu le sais, le succès vient facilement. Un arbuste isolé fleurit avec un vrai enthousiasme puis ne noue presque aucun fruit, car le camérisier ne peut pas s'autoféconder. Plante deux cultivars non apparentés qui fleurissent en même temps et les abeilles font le reste, te laissant de généreuses grappes de baies dès la fin du printemps.

Entretien

La version courte : offre-lui plein soleil et une humidité constante, installe tout près un second cultivar compatible pour la pollinisation, et recouvre les arbustes d'un filet contre les oiseaux dès que ces baies précoces commencent à se colorer, et tout ira bien.

Lumière

Le camérisier donne ses meilleurs fruits en plein soleil, bien qu'il accepte volontiers la mi-ombre ensoleillée ou l'ombre légère. Là où les étés deviennent chauds, un peu d'ombre l'après-midi l'aide réellement à supporter une chaleur pour laquelle il n'est pas fait.

Arrosage

Ce n'est pas une plante qui aime sécher. Venant des berges et des sols humides, il veut un arrosage en profondeur tous les 5 à 7 jours, et davantage lors d'une vague de chaleur. Le goutte-à-goutte maintient une belle régularité sans mouiller les feuilles.

Sol

Offre-lui un loam humide et bien drainé et il s'installe très bien. Le camérisier est remarquablement adaptable et supporte un pH de 5,0 à 8,0, même des sols calcaires que la plupart des petits fruits refusent, tu auras donc rarement besoin d'amender le sol pour lui.

Température

Peu d'arbustes fruitiers sont aussi rustiques que celui-ci. Le bois survit de -45°C à 30°C, et les fleurs de printemps résistent au gel jusqu'à environ -7°C, même si une chaleur estivale prolongée au-delà de la zone 6 fatigue la plante.

Humidité

Une humidité extérieure ordinaire dans la plage de 40 % à 70 % lui convient à merveille. Une bonne circulation de l'air compte bien plus qu'un chiffre précis, car un air stagnant et entassé invite l'oïdium en fin de saison.

Fertilisation

Nourris-le une fois en début de printemps avec un engrais granulé équilibré comme un 16-16-16, environ un demi-verre par plant. Évite l'azote en fin de saison, qui pousse une croissance tendre qui ne s'endurcira pas avant l'hiver.

Taille

Laisse un jeune arbuste tranquille pendant ses 3 à 4 premières années, en retirant seulement le bois mort ou abîmé, il y a donc très peu de risque de se tromper. À partir d'environ la 6e année, éclaircis jusqu'à 25 % des branches les plus âgées chaque hiver pendant la dormance pour garder une frondaison ouverte et productive.

Rempotage

Comme c'est un arbuste de pleine terre plutôt qu'une plante en pot, le rempotage se pose presque jamais. Si tu en démarres un en pot, transfère-le à son emplacement définitif dès que les racines commencent à s'enrouler ou que l'eau traverse trop vite.

Taille et espacement

Un arbuste adulte atteint environ 120 à 180 cm de hauteur pour à peu près la même largeur. Prévois ce même étalement dans l'espacement pour que l'air circule librement et qu'un partenaire pollinisateur reste assez proche pour les abeilles.

Quand planter

Le camérisier suit un calendrier précoce, et il est facile à suivre. Installe les jeunes plants au début du printemps ou en début d'automne, guette les fleurs crème à jaune dès les premiers jours chauds, et cueille les baies bleues mûres de la fin mai à la mi-juin, souvent bien avant que tes fraises ne soient prêtes.

Planter mars–avr
Floraison mars–avr
Récolter mai–juin

Mois typiques pour un climat tempéré : commencez plus tôt en zone chaude, plus tard là où les gelées de printemps persistent.

  • Plantation: Début de printemps ou début d'automne
  • Récolte: Fleurit très tôt au printemps avec des fleurs jaune crème qui tolèrent le gel jusqu'à environ -7 °C ; les baies mûrissent de la fin mai à la mi-juin, souvent juste avant les fraises

Rusticité

Température: jusqu'à -46°C

Problèmes courants

Presque tous les petits soucis du camérisier remontent à un partenaire pollinisateur manquant, à des oiseaux affamés, ou à une chaleur estivale trop forte pour lui dans ton climat. Compare ce que tu observes aux notes ci-dessous, et le remède est généralement doux et clair. Repère les premiers signes et tu sauveras la récolte de la saison avec de la marge.

Grave

Beaucoup de fleurs mais presque pas de baies

Ne t'inquiète pas, la cause est simple : le camérisier ne peut pas polliniser ses propres fleurs, un arbuste isolé fleurira donc magnifiquement tout en te laissant presque les mains vides. Ce qu'il lui faut, c'est un second cultivar non apparenté fleurissant en même temps, comme Tundra à côté d'Aurora ou de Honey Bee, installé à environ 1,8 m pour que les abeilles puissent facilement voyager entre eux. Quelques fleurs précoces à proximité aident à attirer ces pollinisateurs pendant que les jours sont encore frais.

Solution :

  • Planter au moins deux cultivars non apparentés qui fleurissent ensemble (par exemple Tundra avec Aurora ou Honey Bee)
  • Les installer à environ 1,8 m l'un de l'autre pour faciliter le transfert par les abeilles
  • Encourager les abeilles de début de printemps avec des fleurs compagnes
Ralentissement

Un film blanc poudreux s'installant sur les feuilles

C'est l'oïdium, et il apparaît généralement après la récolte, quand l'air de fin d'été reste chaud et stagnant. Rassure-toi, il s'attaque rarement à ton fruit, même s'il peut dégarnir un arbuste plus tôt que tu ne le voudrais. Retire délicatement les feuilles les plus atteintes, augmente l'espacement pour que l'air circule, et fais confiance à un cultivar résistant comme Tundra.

Solution :

  • Retirer et jeter le feuillage sévèrement atteint
  • Améliorer l'espacement et la circulation de l'air
  • Choisir des cultivars résistants à l'oïdium comme Tundra
Ralentissement

Des feuilles brûlées et une chute précoce là où les étés deviennent chauds

Le camérisier est au fond une plante de pays froid, le stress thermique peut donc le surprendre au-delà de la zone 6, et les cultivars de type russe le ressentent le plus. Les feuilles brunissent sur leurs bords et l'arbuste les perd tôt, mais c'est un revers réversible. Offre-lui de l'ombre l'après-midi avec une humidité du sol constante, et privilégie les types japonais ou du Kamtchatka, qui supportent la chaleur bien plus volontiers.

Solution :

  • Offrir de l'ombre l'après-midi et une humidité du sol constante
  • Utiliser des cultivars de type japonais ou du Kamtchatka, mieux adaptés à la chaleur
Esthétique

Des baies qui disparaissent juste au moment où elles mûrissent

Les oiseaux arrivent sur le camérisier avant presque tout autre fruit mûr, car ses baies se colorent si tôt dans l'année. La bonne nouvelle, c'est que la solution est simple : étends un filet anti-oiseaux sur tes arbustes avant que les baies ne bleuissent, et laisse-le en place de la fin mai jusqu'en juin, jusqu'à ce que tu les aies toutes récoltées.

Solution :

  • Recouvrir les plants d'un filet anti-oiseaux avant la maturation du fruit
  • Mettre le filet de fin mai à juin

Toxicité

Tu peux respirer tranquille ici : chaque partie du camérisier est sans danger. Le fruit bleu mûr est cultivé comme culture alimentaire et mangé par les gens, et les feuilles ne portent rien qui pourrait nuire aux animaux, au bétail ou à la faune sauvage. La seule chose à surveiller, c'est de ne pas le confondre avec les chèvrefeuilles ornementaux, dont les baies rouges ne se mangent pas.

Sans danger pour

Personnes · Chats · Chiens · Chevaux · Lapins · Bétail · Oiseaux

Chats Aucun

Tu peux te détendre avec des chats à proximité. Un petit goût d'une feuille ou d'une baie n'empoisonnera pas ton chat, même si une grosse portion de n'importe quelle plante pourrait le rendre brièvement barbouillé.

Chiens Aucun

Rien à craindre pour ton chien. Ces baies bleues sont exactement le même fruit que les gens apprécient, et les feuilles ne portent rien qui puisse nuire.

Chevaux Sans danger

Un cheval peut brouter joyeusement à côté d'un camérisier, car ni le fruit ni les feuilles ne portent de toxine pouvant le gêner.

Lapins Sans danger

Les lapins se portent parfaitement bien près du camérisier. Ils pourraient grignoter les feuilles, et quelques baies mûres constituent une friandise douce et inoffensive.

Bétail Sans danger

Les bovins, les chèvres et les moutons peuvent le brouter sans aucune inquiétude. Il n'y a tout simplement aucun composé toxique dans la plante à surveiller.

Oiseaux Sans danger

Les oiseaux adorent ce fruit précoce et n'en subissent aucun mal. Honnêtement, ton plus grand défi sera d'en garder quelques baies pour toi.

Personnes Sans danger

Les baies bleues mûres sont cultivées comme culture alimentaire et appréciées fraîches, congelées, ou transformées en confitures. Elles sont saines à manger et ne demandent aucun soin particulier.

Aucune manipulation particulière requise ; les baies mûres sont comestibles et sans danger à cueillir à la main.

Variétés

La plupart des cultivars de camérisier proviennent de programmes de sélection en Russie, au Japon et au Canada, et tu voudras au moins deux variétés qui fleurissent ensemble. Voici celles qui méritent d'être connues.

Tundra

Tu trouveras que son fruit ferme supporte bien la récolte mécanique, et qu'il résiste à l'oïdium plus fiablement que la plupart.

Borealis

Il offre de grosses baies dont la saveur sucrée-acidulée compte parmi les meilleures à déguster directement de l'arbuste.

Indigo Gem

Il te récompense par d'abondantes cueillettes de petites baies acidulées qui se révèlent particulièrement bien en confitures, en jus et autres transformations.

Aurora

Ce cultivar vigoureux de l'Université de la Saskatchewan porte de gros fruits et fleurit si longtemps qu'il devient un pollinisateur fiable pour le groupe Boreal et Honey Bee.

Honey Bee

Un pollinisateur de l'Université de la Saskatchewan au fruit acidulé et à la floraison étalée qui s'accorde bien avec ses partenaires.

Plantes compagnes

Les meilleurs voisins du camérisier sont ceux qui l'aident à fructifier : un second cultivar compatible pour la pollinisation croisée, et des fleurs précoces qui attirent les abeilles pendant que la floraison est encore fraîche.

Planter à proximité

Un second cultivar de haskap non apparentéDes plantes à floraison précoce comme le crocus

Un second cultivar de haskap non apparenté: Pollinisateur croisé indispensable, qui doit fleurir en même temps pour une bonne nouaison

Des plantes à floraison précoce comme le crocus: Attirent bourdons et abeilles pendant la floraison très précoce du camérisier, améliorant la pollinisation

Comment multiplier

Tu peux multiplier le camérisier par bouturage ou par semis, et il est utile de savoir qu'une seule de ces deux méthodes te donne une copie fidèle du plant de départ.

Boutures de tigeModéré

Boutures herbacées en début d'été ou boutures ligneuses prélevées pendant la dormance · Environ 4 à 8 semaines pour s'enraciner ; à transplanter la saison suivante

Les boutures sont le moyen fiable de garder un cultivar fidèle à lui-même. Prélève des boutures herbacées en début d'été ou des boutures ligneuses pendant que la plante se repose en dormance, trempe les extrémités dans une hormone de bouturage pour te donner les meilleures chances, et attends-toi à voir des racines en environ 4 à 8 semaines. Fais-les grandir puis installe-les la saison suivante.

SemisModéré

Semer après stratification à froid au printemps · Plusieurs années avant la première fructification

La graine est vraiment une voie de sélectionneur plutôt qu'un moyen de reproduire un arbuste que tu aimes. Stratifie-la à froid et sème au printemps, mais sache que les semis se révèlent variables, ne correspondront pas au parent, et prennent plusieurs années avant leur premier fruit.

Idées reçues

Idée reçue

Toutes les baies de chèvrefeuille sont toxiques, donc les camérises doivent être dangereuses à manger.

Réalité

Il est vrai que de nombreux chèvrefeuilles ornementaux, comme L. tatarica et L. maackii, portent des baies légèrement toxiques et immangeables, et c'est de là que vient cette crainte. Le camérisier, cependant, est L. caerulea, l'espèce cultivée exprès comme culture alimentaire. Son fruit bleu mûr est non toxique et apprécié frais, congelé, et en confitures.

Idée reçue

Le camérisier veut un sol acide comme le myrtillier.

Réalité

C'est une règle du myrtillier, et elle ne s'applique pas du tout au haskap. Le camérisier tolère une large plage de pH et prospère même sur un sol calcaire autour de 7,7 ou plus, ce qui en fait l'un des petits fruits les plus indulgents côté sol que tu puisses installer.

Idée reçue

Un seul plant de camérisier suffira à te donner une récolte complète.

Réalité

Le camérisier ne peut tout simplement pas féconder ses propres fleurs. Il a besoin d'un second cultivar non apparenté fleurissant en même temps à proximité pour une pollinisation croisée, sinon tu te retrouveras avec de jolies fleurs et presque aucun fruit.

Sources