La certification biologique garantit-elle une santé optimale du sol ?

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Kiana Okafor
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On confond souvent certification bio et santé du sol comme étant la même chose. Le label restreint les produits chimiques autorisés. Mais il n'exige pas une matière organique élevée ni une vie du sol saine. On peut être certifié bio et avoir quand même un sol pauvre.

J'ai constaté cela en visitant des fermes de ma région l'été dernier. Une exploitation maraîchère bio certifiée labourait ses champs chaque semaine pour le désherbage. Le sol paraissait pâle et poussiéreux. Il formait une croûte après chaque pluie. Une ferme conventionnelle voisine utilisait des cultures de couverture et des méthodes sans labour. Leur sol était sombre et plein de vers de terre.

Les règles se concentrent sur ce qui entre, pas sur ce qui en ressort. On ne peut pas pulvériser certains produits chimiques. Mais les règles ne fixent aucun seuil minimum pour les niveaux de matière organique. Elles n'exigent pas de cultures de couverture. Elles ne limitent pas le labour. De nombreuses pratiques agricoles biologiques qui obtiennent le label nuisent quand même au sol avec le temps.

Le labour cause le plus gros problème dans de nombreuses fermes bio. Sans désherbants chimiques, les agriculteurs comptent souvent sur les charrues pour éliminer les mauvaises herbes. Tout ce métal retournant le sol expose le carbone à l'air. Les microbes brûlent alors ce qui a pris des années à se constituer. La matière organique du sol avec laquelle les fermes bio démarrent peut chuter rapidement.

Ce qui construit un sol sain fonctionne de la même façon dans toute exploitation. Les cultures de couverture ajoutent du carbone et protègent la surface. Moins de labour préserve ce carbone. Le compost et le fumier nourrissent le réseau trophique du sol. Ces pratiques augmentent la matière organique quel que soit le label que vous portez.

Certains des meilleurs sols que j'ai testés provenaient de fermes sans aucun label bio. Elles se concentraient simplement sur la construction du sol depuis des décennies. Elles gardaient le sol couvert toute l'année. Elles apportaient de la matière organique par les animaux ou le compost. Leur matière organique du sol, que les fermes bio envient souvent, était bien plus élevée que celle des exploitations certifiées voisines.

Les pratiques agricoles biologiques qui aident vraiment le sol vont au-delà du simple fait d'éviter les produits chimiques. Vous devez ajouter du carbone plus vite que vous n'en perdez. Cela signifie cultures de couverture, paillage, compost et moins de labour travaillant tous ensemble. Sans ces étapes, le label seul ne sauvera pas votre sol.

Concentrez-vous sur ce que vous faites plutôt que sur le label que vous portez. Testez votre matière organique du sol tous les quelques années pour suivre les changements. Si le chiffre monte, vos méthodes fonctionnent. S'il baisse, changez ce que vous faites. Ce simple test vous en dit plus sur la santé du sol que n'importe quelle étiquette.

Commencez par les bases quelle que soit votre façon de cultiver. Gardez votre sol couvert. Ajoutez du compost ou du fumier chaque année. Utilisez des cultures de couverture quand les planches sont vides. Réduisez le labour là où vous le pouvez. Ces étapes construisent une vraie santé du sol que vous pouvez voir et mesurer au fil du temps.

Lire l'article complet: Matière Organique du Sol : Le Guide Essentiel

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