Arbre · Pinaceae
Pruche du Canada
Tsuga canadensis
Installe-la dans une ombre fraîche et humide, et la pruche du Canada te récompensera d'un persistant doux et plumeux qui dure des générations.
Mi-ombre
Tous les 3–7 jours
jusqu'à -40°C
12,2–21,3 m

Aperçu
La pruche du Canada est un conifère persistant à croissance lente, originaire des forêts fraîches de l'Amérique du Nord orientale, où les vieux arbres tiennent debout pendant des siècles, alors tu plantes quelque chose fait pour durer. Ses aiguilles courtes et plates et ses petits cônes bruns se rassemblent en une silhouette pyramidale et plumeuse qui semble plus douce que n'importe quel pin ou épinette rigide. Avec de l'espace, elle atteint une hauteur forestière, mais elle tolère aussi bien la taille, ce qui explique pourquoi tant de jardiniers l'apprécient en haie.
Plus que tout, cet arbre veut simplement une ombre fraîche et humide, ce qui le rend étonnamment indulgent pour un débutant. C'est l'un des conifères les plus tolérants à l'ombre qui soient, à l'aise sous des arbres plus hauts là où bien des persistants s'éclairciraient et bouderaient. La contrepartie, c'est qu'il n'aime pas le stress, alors la chaleur, la sécheresse, le vent asséchant, le sel de voirie et l'air urbain l'épuisent, et un coin abrité exposé au nord ou en sous-bois le traitera bien mieux qu'une pelouse ouverte et ensoleillée.
Il y a une chose qui mérite d'être surveillée, et la connaître à l'avance, c'est déjà la moitié de la bataille. Le puceron lanigère de la pruche, un minuscule insecte envahissant, a endommagé de vastes étendues de pruches sauvages dans les États de l'est, et un arbre de jardin peut lui aussi l'attraper. Malgré tout, plantée au bon endroit et vérifiée de temps en temps, une pruche te demande peu et t'offre en retour un mur de verdure dense toute l'année.
Entretien
La version courte : offre-lui une mi-ombre fraîche, une humidité constante et un sol riche et acide qui ne sèche jamais, et jette un coup d'œil annuel aux aiguilles pour repérer le puceron lanigère. Tu vas y arriver.
Lumière
La pruche se plaît à la mi-ombre à l'ombre complète et fait partie des rares conifères qui prospèrent vraiment sous des arbres plus grands, alors un coin ombragé est un cadeau plutôt qu'un problème. Elle tolère un peu de soleil, mais un site ouvert et chaud décolore et éclaircit le feuillage, alors dans le doute, penche pour un emplacement frais et abrité.
Arrosage
Garde le sol constamment humide et ne le laisse jamais sécher complètement, et ta pruche t'en remerciera. Cet arbre n'a aucune patience pour la sécheresse, et une longue période sèche peut lui être fatale, alors arrose en profondeur par temps sec et étale du paillis pour conserver cette humidité.
Sol
Plante-la dans un sol frais, humide, acide et bien drainé, et le terreau, le sable ou l'argile conviennent tous très bien. Un pH de 5,0 à 6,0 lui convient le mieux. La seule chose qu'elle ne pardonne vraiment pas, c'est un sol qui sèche ou qui reste détrempé et chaud, alors vise ce juste milieu facile.
Température
La pruche du Canada est merveilleusement résistante au froid, jusqu'à -40 °C, et supporte la chaleur estivale jusqu'à environ 35 °C. C'est bien davantage la chaleur sèche et exposée que la température seule qui la dérange, alors l'air frais et l'ombre comptent plus que ce qu'indique le thermomètre.
Humidité
L'humidité extérieure ordinaire suffit amplement, donc aucun chiffre à te soucier. L'arbre préfère simplement un cadre frais et humide à un cadre chaud et asséchant, et une lisière de bois abritée garde l'air autour de lui doux et facile.
Fertilisation
Nourris-la légèrement au début du printemps avec un engrais équilibré ou acidifiant pour arbres, et c'est tout ce dont elle a besoin. La pruche pousse lentement avec un appétit modeste, alors un seul apport saisonnier suffit amplement, et une fertilisation excessive fait plus de mal que de bien, alors inutile d'en abuser.
Taille
La pruche tolère la taille bien mieux que la plupart des conifères, ce qui en fait justement une excellente haie ou écran. Taille les haies formelles de la fin du printemps au début de l'été. Laissée en sujet isolé, elle demande presque aucune taille et est plus belle dans sa forme naturelle et plumeuse.
Rempotage
C'est davantage un arbre de paysage qu'une plante en pot, alors le rempotage est rare et sans souci. Si tu gardes une forme naine en pot, change-la simplement de contenant quand les racines s'enroulent à l'intérieur, quand la croissance stagne, ou quand l'eau traverse le sol trop vite, et ta plante te fera savoir quand le moment est venu.
Taille et espacement
Un arbre forestier mature atteint 12 à 21 m de hauteur pour un étalement de 7,5 à 10,5 m, alors laisse beaucoup d'espace pour respirer à un sujet isolé. Les cultivars nains restent bien plus petits et s'intègrent avec bonheur dans les plates-bandes et les rocailles.
Quand planter
La pruche est heureuse dans les zones 3 à 7, et on la plante plutôt que de la presser à partir d'un semis rapide, ce qui enlève la pression. Installe les jeunes arbres au printemps ou au début de l'automne, tant que le sol est encore frais et humide, et si tu veux partir de graines, donne-leur simplement un long froid hivernal d'abord, car la germination est lente et récompense un peu de patience.
Mois typiques pour un climat tempéré : commencez plus tôt en zone chaude, plus tard là où les gelées de printemps persistent.
- Semis: Sème les graines stratifiées à la fin de l'hiver ; la graine a besoin d'environ 100 jours de froid humide avant le semis
- Plantation: au printemps ou au début de l'automne
- Récolte: Conifère sans floraison ; de minuscules cônes bruns d'environ 2 cm de long mûrissent en automne
Rusticité
Température: jusqu'à -40°C
Problèmes courants
La plupart des soucis de la pruche apparaissent dans les aiguilles, soit sous forme de parasites en dessous, soit sous forme de brunissement dû à un emplacement trop chaud et sec, et la bonne nouvelle, c'est que la plupart se corrigent une fois repérés. Attrape le puceron lanigère tôt et tu peux vraiment sauver l'arbre. Trouve ce que tu observes ci-dessous, puis agis avant que le feuillage ne s'éclaircisse, et tu ne le regretteras pas.
De douces touffes blanches sur les rameaux et un arbre qui s'éclaircit lentement
Si tu trouves de petites boules cotonneuses blanches nichées à la base des aiguilles, respire, car c'est quelque chose que tu peux gérer. C'est le puceron lanigère de la pruche, un ravageur envahissant qui se nourrit de sève et qui a endommagé les pruches sauvages dans les États de l'est, affaiblissant un arbre non traité en quelques années. Un insecticide systémique homologué, appliqué en arrosage du sol ou en injection de la fin septembre à octobre, l'arrête, et pour un grand arbre auquel tu tiens, un arboriculteur certifié peut te décharger de ce souci.
Solution :
- Applique un insecticide systémique homologué (arrosage du sol, injection ou traitement de l'écorce basale) selon l'étiquette, plus efficace de la fin septembre à octobre
- Traite préventivement les arbres de grande valeur paysagère et retraite selon l'intervalle indiqué sur l'étiquette
- Consulte un arboriculteur certifié pour les grands arbres nécessitant une injection dans le sol
Des aiguilles jaunissantes avec de fines cochenilles cachées dessous
Quand une branche commence à jaunir, retourne-la doucement et cherche les fines couvertures cireuses de la cochenille allongée de la pruche, plaquées contre le dessous des aiguilles. Tu peux la maîtriser avec de l'huile horticole ou un insecticide systémique appliqué au moment de l'émergence des jeunes larves mobiles, et tailler simplement toute branche fortement encroûtée. Garde ton arbre bien arrosé, et il se débarrassera d'une infestation légère bien plus facilement qu'un arbre stressé.
Solution :
- Applique de l'huile horticole ou un insecticide systémique homologué au moment de l'émergence des larves mobiles
- Taille et détruis les branches fortement infestées
Des aiguilles piquetées et bronzées avec une fine toile pendant la chaleur
Si les aiguilles paraissent ternes et piquetées avec un reflet bronze, et que tu remarques un peu de fine toile, les coupables probables sont les tétranyques, qui apparaissent surtout par temps chaud et sec. Tiens une feuille de papier blanc sous une branche et tapote-la pour observer les minuscules acariens se déplacer, puis rince le feuillage avec un jet d'eau puissant et utilise de l'huile horticole ou un acaricide si la situation t'a vraiment échappé. Un peu plus d'eau et de l'ombre l'après-midi font une grande différence pour les tenir éloignés durablement.
Solution :
- Pulvérise le feuillage avec de l'eau pour déloger les acariens
- Applique de l'huile horticole ou un acaricide si l'infestation est sévère
- Améliore l'arrosage et offre de l'ombre l'après-midi
Des aiguilles brunes et brûlées dans un endroit chaud et ouvert
Des aiguilles qui brunissent et un feuillage qui s'éclaircit sur un site ensoleillé, venteux ou exposé au sel indiquent généralement une sécheresse et une brûlure, pas un parasite, donc il n'y a aucun insecte à traquer ici. La pruche n'a tout simplement pas été conçue pour les endroits chauds, secs et exposés. Arrose-la en profondeur par temps sec, paille pour garder les racines fraîches, et offre-lui un abri contre le soleil de l'après-midi, le vent asséchant et le sel de voirie, et elle se stabilisera. La solution la plus douce sur le long terme, c'est de l'installer dès le départ dans un endroit frais, humide et ombragé.
Solution :
- Arrose en profondeur et régulièrement pendant les périodes sèches
- Applique du paillis pour garder les racines fraîches et humides
- Offre un abri contre le vent, le soleil de l'après-midi et le sel de voirie
Toxicité
Voici une rassurance bienvenue pour les foyers avec des animaux et de jeunes enfants : le conifère pruche du Canada n'est pas toxique. L'ASPCA le classe comme non toxique pour les chats, les chiens et les chevaux, et aucune partie de l'arbre n'est nocive à mâcher ou à manipuler. Fais simplement attention à ne pas le confondre avec la grande ciguë, une mauvaise herbe sans rapport dont il est question dans les mythes ci-dessous.
Sans danger pour
Personnes · Chats · Chiens · Chevaux · Lapins · Bétail · Oiseaux
Chats Aucun
Tu peux te détendre avec un chat à la maison, car l'ASPCA classe ce conifère comme non toxique, et une bouchée curieuse des aiguilles ne fera aucun mal.
Chiens Aucun
Ton chien peut mâcher le feuillage ou mordiller un cône tombé sans problème, même si, comme avec toute plante, une grosse bouchée gourmande pourrait provoquer une indigestion passagère.
Chevaux Sans danger
Les chevaux sont parfaitement en sécurité près d'une pruche du Canada et peuvent brouter à proximité sans aucun risque d'empoisonnement.
Lapins Sans danger
Les lapins n'ont rien à craindre ici, car les aiguilles ne contiennent aucun poison, donc un lapin sauvage ou domestique qui grignote les branches basses n'a aucun souci à se faire.
Bétail Sans danger
Les bovins, les chèvres et les moutons peuvent brouter juste autour de l'arbre en toute sécurité, car aucune de ses parties ne contient de toxine.
Oiseaux Sans danger
Les oiseaux sont entre de bonnes mains, et de nombreuses espèces s'abritent et se nourrissent volontiers dans les pruches, dont les graines leur offrent un repas naturel.
Personnes Sans danger
Rien sur cet arbre n'est toxique pour les humains. C'est le conifère doux et inoffensif, pas la grande ciguë mortelle avec laquelle il partage un nom par pur hasard.
Aucune précaution particulière de manipulation liée à la toxicité ; le feuillage est inoffensif.
Variétés
Au-delà de l'arbre forestier imposant, les pépiniéristes ont sélectionné des formes naines et pleureuses tout en douceur, qui s'intègrent magnifiquement à un petit jardin ou une rocaille. Voici celles que tu rencontreras le plus souvent en pépinière, et chacune constitue un point de départ accueillant.
'Pendula' (pruche pleureuse de Sargent)
C'est une forme pleureuse basse et arrondie dont les branches retombent jusqu'au sol et finissent par être bien plus larges que hautes.
'Jeddeloh'
Un nain tout en douceur qui se développe lentement en un arbuste au centre creusé et doux, comme un nid, parfait quand ton espace est réduit ou pour garnir une plate-bande de fondation.
'Cole's Prostrate'
Un nain rampant qui s'étale à plat sur les rochers et les pentes plutôt que de grimper, ce qui le rend facile à glisser dans des coins étroits.
Comment multiplier
Tu peux multiplier la pruche du Canada à partir de graines ou de boutures, et bien qu'aucune des deux méthodes ne soit rapide, les deux restent réalisables avec un peu de patience. Les formes horticoles nommées sont presque toujours issues de boutures afin de rester fidèles au parent.
SemisModéré
Récolte les graines des cônes qui commencent tout juste à s'ouvrir ; sème après stratification, de la fin de l'hiver au printemps · Lent ; plusieurs mois pour germer et des années pour s'établir
Multiplier la pruche à partir de graines est un exercice tranquille de patience, et c'est tout à fait à ta portée. Range la graine pendant environ 100 jours de froid humide durant l'hiver avant de la semer de la fin de l'hiver au printemps, car elle ne se réveillera tout simplement pas sans ce repos au froid. La germination prend des mois et les semis ont besoin d'années pour s'installer, mais ils supportent l'ombre profonde bien mieux que presque n'importe quel autre jeune conifère, alors tu as entre les mains une petite plante indulgente.
Boutures de tigeExigeant
De la fin de l'automne à l'hiver, avec des boutures semi-ligneuses · Plusieurs mois pour s'enraciner ; l'enracinement peut être lent et irrégulier
Les boutures sont la façon dont les formes naines et pleureuses nommées restent fidèles à leur type, car les graines ne les reproduiraient pas fidèlement. Prélève des boutures semi-ligneuses de la fin de l'automne à l'hiver et trempe-les dans une hormone d'enracinement pour te donner les meilleures chances. Malgré tout, l'enracinement se fait lentement et de façon irrégulière, souvent sur plusieurs mois, alors vas-y doucement et laisse la plante fixer son propre rythme.
Idées reçues
L'arbre pruche est la grande ciguë mortelle qui a tué Socrate, donc il est dangereux à cultiver.
Tu peux dissiper cette crainte, car l'arbre pruche du Canada est un conifère persistant doux et inoffensif de la famille des pins, et aucune de ses parties n'est toxique. Le poison qui a tué Socrate venait de la grande ciguë, une mauvaise herbe sans rapport de la famille de la carotte et du persil, et la cicutaire est encore une troisième plante toxique de cette même famille. L'arbre et ces herbes toxiques ne partagent qu'un nom, par pure coïncidence.