Ni la pleine terre ni les bacs surélevés ne l'emportent clairement pour tous les jardins. Le bon choix dépend de votre sol natif, de votre budget et de la capacité de votre corps à supporter les flexions. Les deux méthodes produisent d'excellents légumes quand on les met en place correctement pour son terrain.
Je cultive des tomates dans les deux configurations côte à côte depuis trois ans. Ma parcelle en pleine terre produit autant de fruits que mes bacs surélevés quand je nourris bien le sol avec du compost. L'extension de l'UGA le confirme. Leurs recherches montrent que les sols argileux, amendés avec de la matière organique, retiennent mieux les nutriments et l'humidité que les mélanges de terre artificiels. Ce débat bac surélevé ou potager classique n'a pas de réponse simple.
Les compromis entre bacs surélevés et pleine terre sont clairs une fois qu'on les connaît. Les bacs surélevés drainent plus vite et se réchauffent 2-3 semaines plus tôt au printemps. Ce départ anticipé compte dans les régions à saison courte. Mais un drainage rapide signifie aussi que vos bacs s'assèchent vite et nécessitent un arrosage quasi quotidien en été.
D'après mon expérience, les parcelles en pleine terre retiennent bien mieux l'humidité que les bacs surélevés pendant les périodes de chaleur. J'arrose mon potager au sol deux fois par semaine en juillet, alors que mes bacs surélevés demandent une attention quotidienne. Cette différence me fait gagner un temps réel et réduit sensiblement ma facture d'eau chaque été.
Le coût est le domaine où la pleine terre l'emporte largement. Un seul bac surélevé peut coûter entre 150 et 300 € pour le bois, la quincaillerie et la terre de remplissage. L'extension de l'UGA note que le terreau du commerce n'est souvent qu'un mélange d'écorce et de sable. Il peut donner des résultats similaires à la terre déjà présente dans votre jardin. Vous pourriez dépenser 200 à 400 € pour remplir des bacs avec une terre qui n'est pas meilleure que celle sur laquelle vous marchez. Une analyse de sol à 30 € et quelques amendements ciblés pour votre sol existant pourraient donner des résultats équivalents.
Les potagers en pleine terre permettent aussi d'utiliser des motoculteurs, des houes à roue et d'autres outils motorisés pour le désherbage et le retournement du sol. Les bacs surélevés vous obligent à travailler à la main avec des outils courts. Si vous jardinez sur plus de 10 m², ce travail manuel supplémentaire représente des heures en plus chaque semaine en pleine saison. Ma voisine est repassée des bacs surélevés à la pleine terre au bout de deux ans parce que le désherbage à la main l'épuisait. Elle utilise maintenant une houe à roue et couvre tout son potager en 20 minutes chrono.
Choisissez les bacs surélevés si votre sol natif est rocailleux, très argileux ou contaminé par d'anciens produits chimiques. Ils sont aussi pertinents si vous avez besoin d'une surface plus haute pour des problèmes de dos ou de genoux. Les bacs surélevés dépassent de 20 à 30 cm au-dessus du sol et vous évitent de vous pencher jusqu'au ras du sol pour planter et désherber.
Optez pour la pleine terre pour les grands potagers, les budgets serrés ou les terrains où les mauvaises herbes poussent déjà en abondance. Une végétation adventice vigoureuse signifie que le sol est vivant et peut aussi produire des légumes. Vous pouvez aussi combiner les deux méthodes dans le même jardin. J'utilise des bacs surélevés pour les cultures qui ont besoin d'un excellent drainage, comme les poivrons et les aromatiques. Mes légumes-racines et mes courges vont en pleine terre où ils ont la place de s'étaler.
Alors un bac surélevé vaut-il le coup ? Seulement si votre sol de départ a besoin de plus d'aide que de simples amendements ne peuvent en apporter. Testez d'abord votre terre. Vous découvrirez peut-être que le sol de votre jardin n'a besoin que de compost et d'un peu d'attention pour produire un potager formidable à une fraction du prix d'un bac surélevé.
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