Oui. Les sapins, les épicéas et les pins portent tous leurs graines sur des écailles de cônes ligneuses : quel que soit celui des trois que vous rapportez à la maison, c'est par définition un conifère. Le test n'a rien à voir avec la durée pendant laquelle votre arbre restera vert en janvier. Ce qui tranche, c'est la façon dont la plante produit ses graines. Les porte-cônes le font à l'intérieur d'un cône, et toutes les espèces vendues sur un marché de décembre appartiennent à ce groupe. Vous pouvez donc cesser de vous poser la question. Votre arbre remplit le critère.
Le premier hiver après la plantation de mes jeunes plants, j'ai passé la main nue le long d'un jeune épicéa. Je l'ai retirée aussitôt. Les aiguilles étaient à quatre faces et assez piquantes pour brûler la peau, chacune posée sur son petit coussinet ligneux, et vous pouvez rouler une aiguille entre le pouce et l'index comme une courte épingle. Le rameau, dessous, était rugueux là où les vieilles aiguilles étaient déjà tombées. Depuis, je garde un gant dans la poche de ce manteau, et personne n'oublie la sensation d'avoir passé la main nue sur un épicéa en janvier.
Un arbre sans aucun cône compte quand même, et cela déroute bien des acheteurs. Le groupe se définit par la reproduction au moyen de cônes, pas par le fait qu'un jeune arbre en ait déjà produit. La plupart des arbres vendus sont coupés des années avant qu'une vraie fructification n'apparaisse, et beaucoup des sujets en pot proposés n'ont jamais fait de cône non plus. C'est la filiation qui tranche pour vous. Un jeune sapin sans cône appartient aux porte-cônes comme un chaton appartient aux chats.
Les noms sur les étiquettes le confirment. Le sapin de Fraser (Abies fraseri), l'épicéa commun et l'épicéa bleu du Colorado figurent tous sur les listes de référence des espèces de conifères. Chacun de ces arbres de Noël porte une disposition d'aiguilles qui lui est propre, et ce sont les aiguilles qu'il faut lire en premier. L'USGS rappelle que chaque aiguille de sapin rouge s'attache seule au rameau, tandis que le pin ponderosa porte ses aiguilles par groupes de trois. Sapins et épicéas les portent une par une. Les pins les portent en faisceaux, et cette différence se repère à l'autre bout de la pièce.
Conifère et persistant sont deux affirmations différentes au sujet de votre arbre. La plupart des conifères gardent bien leurs aiguilles tout l'hiver, d'où la confusion entre les deux mots, mais le mélèze perd toutes ses aiguilles chaque automne et reste un conifère pour autant. Le houx garde ses feuilles vertes toute l'année sans être le moins du monde un conifère. Votre arbre doit son statut de conifère à ses cônes. Il doit son statut de persistant à son habitude de garder ses aiguilles par temps froid.
Les sapins de Noël vivants forment une catégorie à part en pépinière, sur la table voisine de celle des conifères nains et miniatures. Bon à savoir si vous voulez votre arbre au jardin en janvier plutôt que sur le trottoir. Un arbre en pot reste une plante vivante pendant tout le temps où vous le gardez dans une pièce chauffée : avant d'acheter, demandez donc au pépiniériste combien de temps vous pourrez le garder à l'intérieur. Vous achetez une plante qui devra retourner dehors.
Sur le marché, passez la main le long d'un rameau avant de regarder quoi que ce soit d'autre. Des aiguilles plates, souples, qui plient signalent un sapin. Des aiguilles piquantes à quatre faces, qui roulent entre les doigts signalent un épicéa. Les deux appartiennent au même groupe : la question du conifère est donc réglée avant même que vous ne touchiez une branche. Le test de la main vous dit lequel des deux vous rapportez chez vous, et il prend deux secondes pendant que le vendeur coupe encore le filet.
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