Arbre · Pinaceae
Cèdre déodar
Cedrus deodara
Installe-le en plein soleil dans un sol qui draine, et ce cèdre de l'Himalaya te récompensera par un persistant doux et ample qui dure des décennies.
Plein soleil
Tous les 7–14 jours
jusqu'à -23°C
9,1–15,2 m

Aperçu
Le cèdre déodar vient de l'ouest de l'Himalaya, et il compte parmi les rares vrais cèdres du genre Cedrus. Des aiguilles douces, bleu vert à gris vert, se rassemblent en petites touffes le long de branches qui s'arquent vers l'extérieur et vers le bas, et la flèche supérieure s'incline pour donner à l'arbre sa silhouette élégante et pleureuse. Avec assez d'espace pour grandir, il monte jusqu'à 9 à 15 mètres et s'étale presque autant.
Considère-le comme un arbre pour la pleine terre plutôt qu'un pot, et tu partiras du bon pied. Il adore le plein soleil et un sol qui laisse l'eau circuler, et une fois bien installé, il traverse les périodes sèches sans broncher. Les pointes des aiguilles sont acérées, alors donne un peu d'espace à un jeune sujet, mais tu constateras qu'il te demande très peu une fois enraciné.
Beaucoup de jardiniers le plantent comme sujet vedette ou comme écran feuillu, et quelques cultivars lui permettent de s'installer dans des jardins plus froids que ne le supporte l'arbre sauvage. La seule erreur à éviter, c'est un emplacement détrempé, car les pieds mouillés sont la seule chose que cet arbre indulgent ne pardonne vraiment pas.
Entretien
La version courte : plein soleil et sol qui draine sont ce qui compte le plus. Garde-le arrosé pendant qu'il est jeune, puis laisse-le se débrouiller seul, laisse-lui beaucoup de place pour s'étendre, et évite tout terrain bas qui reste humide.
Lumière
Offre à un cèdre déodar le plein soleil et tu obtiendras l'arbre le plus fourni et le mieux formé. Il se débrouille aussi en mi-soleil ou en ombre légère, alors ne t'inquiète pas si ton emplacement n'est pas parfait, même si la ramure s'éclaircit un peu et que la forme s'ouvre là où la lumière manque.
Arrosage
Arrose-le bien pendant la première année ou deux pendant que les racines s'étendent, en trempant profondément tous les 7 à 14 jours, et tu l'installeras pour la vie. Ensuite, il devient vraiment tolérant à la sécheresse et ne demande que peu de suppléments, alors ce qu'il faut surveiller à la place, c'est l'excès d'eau, qui provoque la pourriture des racines.
Sol
Tu n'as pas besoin d'un sol parfait ici, car il pousse dans à peu près tout, du sableux à l'argileux, et supporte une large plage de pH de 5,5 à 7,5. Le seul point qui compte vraiment, c'est le drainage, car un terrain qui reste détrempé finira par faire pourrir les racines.
Température
C'est un arbre résistant et indulgent sur une large amplitude, tenant bon d'environ -18°C à 38°C. Les cultivars rustiques poussent un peu plus loin dans le froid, et le seul point sensible, c'est la jeune pousse tendre, qu'un gel tardif de printemps peut pincer.
Humidité
L'air extérieur ordinaire lui suffit, donc aucun chiffre d'humidité à surveiller. Ce qui aide bien davantage, c'est une bonne circulation de l'air autour des branches, car un air stagnant et humide est ce qui donne à la brûlure des pousses sa chance de s'installer.
Fertilisation
Nourris-le légèrement au printemps avec un engrais équilibré à libération lente pour arbres, une fois par saison suffit largement. Un arbre bien installé qui pousse bien a besoin de peu ou pas d'apport et se contente très bien de ce que le sol offre déjà.
Taille
Cet arbre a à peine besoin d'être taillé pour être à son meilleur, ce qui t'évite un souci de plus. En fin d'hiver, retire simplement les branches mortes, abîmées ou qui se croisent, ainsi que tout ce que le froid ou la brûlure des pousses a tué, puis laisse sa silhouette naturellement ample s'exprimer.
Rempotage
En tant qu'arbre de plein air, il n'a que rarement sa place dans un conteneur, et un sujet bien installé est plus heureux si on le laisse tranquille. Si tu élèves un jeune sujet en pot, ne passe à la taille supérieure que lorsque les racines s'enroulent à l'intérieur, que la croissance stagne, ou que l'eau traverse directement sans s'imprégner.
Taille et espacement
360–600 in (914–1524 cm) de haut
Quand planter
Le moment le plus favorable pour planter un cèdre déodar est pendant les périodes douces de l'année. Installe-le au printemps ou en automne, quand le sol se travaille facilement et que le pire de la chaleur ou du froid intense est passé, et les racines auront toute une saison pour s'installer avant que le temps ne change.
Mois typiques pour un climat tempéré : commencez plus tôt en zone chaude, plus tard là où les gelées de printemps persistent.
- Plantation: au printemps ou en automne
Rusticité
Température: jusqu'à -23°C
Problèmes courants
Un cèdre déodar en bonne santé te donne très peu de soucis, et presque tous les problèmes viennent d'un sol détrempé ou d'un arbre stressé. Jette un œil aux branches et à la ramure pour repérer les premiers indices. Repère-les tôt et tu pourras presque toujours corriger la situation avant de perdre une branche ou l'arbre.
Une ramure qui s'éclaircit et flétrit sur un arbre en terrain humide
Quand le sol reste détrempé, le coupable probable est la pourriture des racines et de la couronne à Phytophthora, qui étouffe et fait pourrir les racines par le dessous. Creuse doucement près de la base et tu pourrais découvrir des racines sombres et pâteuses là où des racines fermes et blanches devraient se trouver. Une fois la pourriture installée, l'arbre ne peut plus être sauvé, alors corrige le drainage, réduis l'arrosage, et replante ailleurs, là où le sol ne reste jamais humide.
Solution :
- Améliorer le drainage ou déplacer vers un site bien drainé
- Réduire l'irrigation
- Retirer les arbres sévèrement atteints
Des branches qui faiblissent, de la résine qui suinte, et des cocons nus suspendus aux branches
Un arbre stressé a tendance à attirer le charançon du déodar, un scolyte qui creuse et laisse la résine suinter des blessures, avec en prime les cheniles à sac et les foreurs. Surveille les petits trous, la sciure, et les sacs suspendus en forme de fuseau caractéristiques des cheniles à sac. Comme la plupart des attaques touchent des arbres déjà affaiblis par la sécheresse, ta meilleure protection reste un arrosage régulier, une couche de paillis, et le fait de tailler et de brûler tout ce qui est infesté.
Solution :
- Maintenir la vigueur des arbres avec un arrosage adéquat et du paillis
- Retirer et détruire les branches infestées et les sacs de cheniles
- Consulter un service agricole local pour une gestion ciblée des insectes
Des extrémités de branches qui brunissent et des rameaux qui dépérissent
La plupart du temps, il s'agit de la brûlure des pousses, causée par le champignon Sphaeropsis ou Diplodia qui s'installe après un temps humide et progresse depuis les extrémités des branches vers l'intérieur. Un gel tardif peut t'induire en erreur en tuant les jeunes pousses tendres de la même façon. Taille les extrémités atteintes bien en dessous du bois mort, nettoie ton sécateur entre les coupes, et essaie d'éviter de mouiller le feuillage ; l'arbre devrait alors se rétablir.
Solution :
- Tailler et éliminer les extrémités atteintes bien en dessous du tissu mort
- Désinfecter les outils entre les coupes
- Améliorer la circulation de l'air et éviter l'arrosage par le dessus
Toxicité
Tu peux planter un cèdre déodar autour de chez toi l'esprit tranquille. Rien en lui ne nuit aux animaux de compagnie, au bétail ou aux personnes, et il reste totalement absent des listes de plantes toxiques de l'ASPCA. La seule chose à garder à l'œil, ce sont les pointes acérées des aiguilles, qui peuvent piquer de petites mains qui s'approchent trop près d'un jeune arbre.
Sans danger pour
Personnes · Chats · Chiens · Chevaux · Lapins · Bétail · Oiseaux
Chats Aucun
Tu peux garder cet arbre près des chats sans y penser à deux fois, car rien dans les aiguilles ou le bois ne les empoisonnera. Un chat qui mâchouille une branche pourrait recracher un peu de matière végétale, mais cela vient des pointes acérées, pas d'une toxine.
Chiens Aucun
Il n'y a aucun composé toxique ici, donc ton chien peut renifler et frôler l'arbre librement. Mâchouiller un rameau tombé ne fait aucun mal, même si une bouchée d'aiguilles pourrait provoquer un peu de bave.
Chevaux Sans danger
Rien dans un cèdre déodar ne représente une menace pour un cheval qui broute à proximité. L'arbre ne contient aucun poison, donc tu peux le planter autour des paddocks et des bords de pâturage en toute confiance.
Lapins Sans danger
Les lapins ne courent absolument aucun danger avec cet arbre. Les aiguilles ne sont pas toxiques, et un petit grignotage curieux ne fera aucun mal.
Bétail Sans danger
Les bovins, les chèvres et les moutons peuvent partager leur terrain avec un cèdre déodar sans danger. Il ne contient aucune toxine pour perturber l'estomac ou les nerfs.
Oiseaux Sans danger
Les oiseaux peuvent nicher et se percher dans les branches denses sans aucun risque pour eux. L'arbre est non toxique, et ses cônes et son couvert leur offrent un coin de jardin accueillant.
Personnes Sans danger
Il n'y a rien de toxique dans un cèdre déodar pour les personnes. Les aiguilles se terminent bien par des pointes acérées, donc la seule vraie précaution est de manipuler les jeunes plants avec soin.
Aucune manipulation particulière nécessaire ; les aiguilles ont des pointes acérées, alors manipule les jeunes plants avec précaution.
Variétés
Au-delà de l'arbre sauvage, quelques sélections nommées méritent d'être connues pour leur meilleure tolérance au froid ou leur propre couleur et forme. Voici celles que tu rencontreras le plus probablement en pépinière.
Karl Fuchs
C'est l'un des choix les plus rustiques au froid que tu puisses faire, tenant bon jusqu'à la zone 6 avec des aiguilles bleu vert acier drapées le long de branches douces et retombantes.
Shalimar
Élevée à partir de graines récoltées aux jardins de Shalimar, cette forme bleu vert résiste au froid bien mieux que l'espèce ordinaire.
Kashmir
Un peu plus rustique que l'espèce, jusqu'à environ la zone 6, il compte parmi les plus beaux vrais cèdres que tu puisses cultiver dans un jardin méridional.
Pendula
Une forme pleureuse dont les branches retombent fortement vers le sol, offrant une silhouette douce et drapée.
Aurea
Une forme dorée qui déploie une nouvelle pousse jaune vif chaque printemps avant de virer vers le vert à mesure que la saison avance.
Comment multiplier
Tu peux faire pousser un cèdre déodar à partir de graines, ou suivre la voie empruntée par les pépinières pour les formes plus élaborées. Chacune correspond à un objectif différent, et tu constateras que l'une demande bien plus de patience et de savoir-faire que l'autre.
SemisModéré
De l'automne au printemps, après stratification au froid · Plusieurs années
L'espèce lève facilement à partir de graines une fois qu'elle a reçu une période de stratification au froid, que tu peux démarrer à tout moment de l'automne au printemps. Prends ton temps, car il faut plusieurs années pour qu'il devienne un vrai arbre, et rappelle-toi que les semis varient en forme et en couleur, si bien qu'aucun ne ressemble tout à fait à un autre.
GreffageExigeant
Fin d'hiver · 1 à 2 ans
Les cultivars nommés, dont les formes pleureuses et dorées, sont greffés en fin d'hiver car les graines ne transmettraient pas fidèlement leurs caractères. C'est un travail exigeant qui prend 1 à 2 ans pour s'installer, et c'est ce soin supplémentaire qui explique pourquoi les plants greffés coûtent un peu plus cher en pépinière.
Idées reçues
Tout arbre qu'on appelle cèdre doit forcément être un vrai cèdre comme le déodar.
Seuls les arbres du genre Cedrus, dont le déodar fait partie, sont de vrais cèdres. Bon nombre d'arbres nord-américains portent ce nom sans le mériter, y compris le genévrier de Virginie (Juniperus virginiana) et le thuya occidental (Thuja occidentalis), qui appartiennent à des genres complètement distincts et ne sont pas du tout des cèdres.