Les principaux inconvénients des potagers surélevés sont un coût plus élevé, un assèchement plus rapide et un travail uniquement manuel. Impossible d'utiliser un motoculteur ou une houe à roue dans un cadre surélevé. Ces défauts surprennent les jardiniers débutants après avoir dépensé des centaines d'euros pour leur premier lot de bacs.
L'un des désavantages des bacs surélevés les plus frustrants touche directement votre portefeuille. Bois, quincaillerie, vis et mélange de terre de qualité : l'addition grimpe vite. Un seul bac de 120x240 cm peut coûter entre 150 et 300 € selon les matériaux. Le cèdre coûte plus cher que le pin, mais dure plus longtemps sans pourrir. Construire quatre ou cinq bacs pour nourrir une famille devient un investissement conséquent avant même de planter une seule graine. La même somme investie en amendements pour un potager en pleine terre couvrirait une surface bien plus grande.
J'ai constaté les problèmes des bacs surélevés en matière d'arrosage dès mon premier été. Ma parcelle en pleine terre juste à côté restait humide deux à trois jours après une bonne pluie. Les bacs surélevés s'asséchaient en moins d'une journée lors des chaleurs de juillet. L'air circule autour de toutes les parois du cadre et évacue l'humidité bien plus vite qu'un sol au niveau du sol. Je suis passé de deux arrosages par semaine à un arrosage quasi quotidien juste pour empêcher mes tomates de flétrir.
L'extension de l'UGA confirme ce constat. Les potagers en pleine terre retiennent mieux l'humidité et permettent d'utiliser des motoculteurs ou des houes à roue pour désherber de grandes surfaces. Les bacs surélevés vous obligent à tout faire à la main avec des outils courts. Si vous avez environ 18 m² d'espace de culture répartis sur plusieurs bacs, le travail manuel s'accumule vite. Comptez des heures de travail supplémentaires chaque semaine en pleine saison par rapport à une parcelle en pleine terre de même taille.
L'épuisement des nutriments est un autre problème qui s'installe sournoisement avec le temps. Planter des cultures serrées dans un petit espace draine le sol plus vite qu'un jardin étalé. L'extension de l'OSU note que les bacs surélevés nécessitent un travail du sol plus fréquent à cause de cette utilisation intensive. Vos tomates, poivrons et courges extraient l'azote, le potassium et d'autres minéraux essentiels à un rythme rapide. Trop de jardiniers essaient de corriger cela en ajoutant du compost chaque saison. Ils ne vérifient jamais ce dont le sol a réellement besoin avant d'en rajouter.
L'extension de l'UMN met en garde : un excès de compost provoque une accumulation de phosphore et un excès de sels solubles dans votre sol. Ces déséquilibres brûlent les jeunes racines et freinent la croissance pendant des saisons entières. Une simple analyse de sol à 15-30 € tous les quelques années détecte ces problèmes cachés avant que vos plantes ne souffrent et que vos récoltes ne diminuent.
Vous pouvez résoudre la plupart de ces problèmes avec quelques gestes malins. Installez un système de goutte-à-goutte sur minuterie pour ne plus arroser à la main chaque jour. Faites analyser votre sol par votre chambre d'agriculture tous les 2-3 ans pour détecter les problèmes tôt. Construisez vos bacs par étapes sur deux ou trois saisons pour étaler les coûts au lieu de tout payer d'un coup.
Le paillage aide aussi contre le dessèchement. Une couche de paille de 7,6 cm d'épaisseur sur le sol de votre bac ralentit l'évaporation et réduit de moitié la fréquence d'arrosage. Combiné au goutte-à-goutte, le paillage transforme le pire inconvénient des bacs surélevés en une tâche mineure plutôt qu'un combat quotidien.
Quand on pèse le pour et le contre des bacs surélevés, les inconvénients n'en font pas un mauvais choix. Ils en font un choix qui demande plus de planification et d'entretien que la plupart des blogs de jardinage ne le disent. Gardez les yeux ouverts sur les vrais coûts en argent, en eau et en travail. Sachez dans quoi vous vous engagez et votre jardin vous récompensera pour ce départ honnête.
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